«Khalifa Sall ne veut pas donner les armes au pouvoir qu’il l’a mis en prison pour qu’il l’achève»

Pour l’analyste politique Bakary Domingo Mané, Khalifa Sall adopte une nouvelle forme de politique. Il s’oppose désormais autrement, dit-il. «Depuis qu’il a été élargi, il a posé un certain nombre d’actes. D’abord, il est allé rendre visite aux marabouts, aux notables et aux femmes. Ensuite il a tenu une conférence de presse pour indiquer sa feuille de route.

Dans cette conférence de presse, on note que ses ambitions sont très claires mais pas affichées. Il veut vraiment construire ce pays avec les démocrates. Cela veut dire que ses ambitions vont au-delà même des socialistes», a expliqué le journaliste et analyste politique.

Poursuivant, Domingo Mané laisse entrevoir que dans la stratégie de Khalifa Sall, il y a une méfiance, un calcul pour savoir ou mettre les pieds, ce qu’il faut dire. Khalifa essaye de jouer à la ruse, ajoute t-il. «C’est quelqu’un qui veut se donner un charisme national et pour ça, il préfère travailler en douce », déclare-t-il. L’autre explication que donne le spécialiste en communication, c’est surtout la pression qui pèse sur la tête de Khalifa Sall. «Tant qu’il n’est pas amnistié, il lui sera difficile de se mouvoir, surtout dans l’espace politique », souligne le journaliste et analyste politique. Tout compte fait, Monsieur Mané pense que la stratégie adoptée par Khalifa est compréhensible. Parce que, affirme-t-il, « parler, c’est se dévoiler et il ne veut pas donner les armes au pouvoir qui l’a mis en prison pour éviter qu’il l’achève. »

Par ailleurs, revenant sur les conséquences d’un tel mutisme, Bakary Domingo Mané soutient : «En politique, le silence est équivalent à la mort. Un homme politique qui adopte le silence, qui ne fait rien, qui ne dit rien pendant un temps, il laisse les autres occuper l’espace. C’est ça le danger. Pendant ce temps, les Sonko et autres occupent la devanture de la scène politique.»

L’AS