MAMADOU NDOYE LISTE LES CONDITIONS D’UN SYSTÈME ÉDUCATIF DE QUALITÉ

Sans démocratie participative, partenariats croisés et gestion axée sur les résultats entre autres, il serait difficile au système éducatif de prétendre à une gouvernance dynamique. C’est là le sentiment de l’ancien ministre de l’Alphabétisation, Mamadou Ndoye. L’ancien patron des jalarbistes qui s’exprimait à l’occasion d’un panel dans le cadre du forum politique de haut niveau sur le Groupe national des partenaires de l’éducation et de la formation, est également revenu sur la nécessité de la déconcentration et la décentralisation des politiques nationales.

Le secteur de l’éducation est appelé à apporter des réponses à des problématiques telles que la démocratie participative, les partenariats croisés et la gestion axée sur les résultats, pour arriver à une meilleure gouvernance, a indiqué vendredi l’ancien ministre de l’Alphabétisation, Mamadou Ndoye. La déconcentration et la décentralisation des politiques nationales pour une meilleure appropriation, comptent également parmi les problématiques pas encore résolues, qui limitent les performances du secteur, a-t-il dit. Mamadou Ndoye, expert des politiques éducatives, animait un panel dans le cadre du forum politique de haut niveau sur le Groupe national des partenaires de l’éducation et de la formation, une rencontre de deux jours clôturée vendredi à Dakar.

En matière de démocratie participative, a-t-il dit, “le premier enjeu, c’est la définition des priorités dont la problématique principale devrait être l’inclusion sociale”. “Lorsque divers secteurs de la société participent à l’élaboration des politiques, celles-ci devraient être équitables et inclusives parce que l’ensemble de ces secteurs luttent pour que leurs intérêts puissent être pris en compte”, a dit Mamadou Ndoye. “Autrement dit, si c’est suffisamment représentatif, aucun enfant au Sénégal ne devrait être laissé en rade et hors du système”, selon le panéliste. “Il y a trop d’enfants hors du système, et cela devrait être la première priorité de tout le monde, mais je constate que ce n’est pas le cas”, a noté Mamadou Ndoye, selon qui la participation démocratique à l’élaboration des politiques devrait faire de cette question “la première priorité”.

L’ancien ministre a aussi évoqué les partenariats croisés, qui ont selon lui “pour enjeu principal la pertinence des programmes”. Les représentants du secteur “devraient avoir à cœur” de faire en sorte que “les apprentissages répondent aux besoins” de l’économie et de la société et en assurent “la pertinence”, a-t-il souligné. Cette perspective nécessite la présence des employeurs dans l’élaboration des politiques d’éducation et de formation, en vue d’arriver à “une efficacité externe plus importante au Sénégal” et à “un renforcement de l’employabilité des produits de l’école”, a indiqué Mamadou Ndoye.

GESTION PAR LES RESULTATS

Poursuivant, il dira : “Nous avons un problème qui demeure à ce niveau, bien que nous n’ayons pas mesuré la question de l’efficacité externe du point de vue scientifique, tout le monde s’accorde à dire que c’est une faiblesse au Sénégal”, a-t-il noté. Le consultant, au service de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) depuis plusieurs années, a par ailleurs évoqué un autre enjeu du secteur, à savoir la gestion par les résultats qui, assure-t-il, “offre une régulation importante par l’incitation au niveau des acteurs de l’éducation”. “Rien que la définition et la communication des standards devraient être de nature à structurer un peu plus le comportement des acteurs”, a expliqué le panéliste. Il ajoute que “chacun devrait savoir quelles sont les attentes non seulement hiérarchiques, mais les attentes de la société vis-à-vis de lui en tant qu’acteur de l’éducation”.

L’obligation de résultats aurait pu inciter les acteurs à être plus performants et notamment les enseignants, mais en termes de résultats, a-t-il relevé, “ce n’est pas évident au regard des mesures des apprentissages”. Pour Mamadou Ndoye, il y a également “l’enjeu lié à la décentralisation et à la déconcentration dont la principale problématique à résoudre reste le leadership partagé”, lequel devrait permettre à plusieurs échelons de pouvoir intervenir aussi bien dans la planification que dans la prise de décision et la mise en œuvre. Cela permettrait à l’éducation de “bénéficier d’une participation plus importante qui non seulement enrichit le secteur par sa diversité mais lui permet d’être plus efficace et plus pertinent”, a soutenu Mamadou Ndoye. Il soutient à ce sujet que les décisions prises “à l’échelon qu’il faut, permettent de régler les vrais problèmes, et non pas de problèmes supposés au niveau central et qui n’existent pas réellement au niveau local”.

Sud Quotidien

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