PRESIDENCE : DE SERIEUX DOUTES SUR LES COMPETENCES PROFESSIONNELLES DES CONSEILLERS JURIDIQUES DE MACKY SALL

Travailler aux côtés du président de la République est bien un privilège, un privilège, mais aussi des responsabilités lesquelles devraient, à juste titre,  inciter ceux qui sont dans l’entourage de Macky Sall à redoubler d’efforts pour développer leurs compétences professionnelles. Mais les nombreuses bourdes enregistrées récemment jettent littéralement le doute sur l’expertise  des conseillers juridiques du président de la République. Souvenez-vous du gigantesque tollé soulevé par Seybani Sougou consécutif à la nomination, en totale violation de la procédure, du président du Conseil constitutionnel. En effet, Pape Oumar Sakho a été nommé alors que son décret de nomination n’a jamais été publié au Journal officiel.

« Pour être applicable, et légal, le décret nommant Pape Oumar Sakho à compter du 12 aout 2019, doit être publié par la voie appropriée (journal officiel) afin que nul n’en ignore. La non publication du décret nommant Pape Oumar Sakho, Président du Conseil à compter du 12 aout 2016, pour un mandat non renouvelable de 6 ans (qui fait suite à son mandat de 2015- 2016 « pour terminer celui du Président défunt », est d’une extrême gravité.Depuis un certain temps, des décrets du chef de l’Etat son contesté à cause, très probablement, du manque de vigilance de ses experts en droit », avait alerté Seybani Sougou.
Face au tollé soulevé par la nomination du Directeur général de l’Ipres, Macky Sall avait finalement annulé le décret avouant avoir été abusé par son entourage, rapportait Les Échos.
L’épisode de la nomination d’Aminata Mbengue Ndiaye à la présidence du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT) est aussi un autre indicateur de l’incompétence des « experts » en droit de Macky Sall. En effet, selon la presse, le chef de l’Etat avait signé le décret nommant Aminata Mbengue Ndiaye à la présidence du HCCT. Sa publication allait donc suivre dans les prochains jours. Il a fallu la perspicacité et la vigilance du juriste Seybani Sougou pour éviter une autre bourde à Macky Sall.
« Pour qu’Aminata Mbengue NDIAYE, puisse intégrer le HCCT, il faudrait déjà qu’elle soit nommée Haut Conseiller. Elle devra préalablement figurer sur la liste des 70 hauts conseillers désignés (seule liste pour laquelle Macky SALL dispose du pouvoir de nomination, car les autres hauts conseillers sont élus au suffrage indirect pour 5 ans). Le nombre total de hauts conseillers étant de 150 (80 élus et 70 nommés), une nomination d’Aminata MBENGUE NDIAYE implique qu’il y ait un haut conseiller parmi les 70 nommés par Macky Sall qui est, soit décédé, soit démissionnaire (ou poussé à la démission par Macky Sall), soit remplacé. En tout état de cause, Aminata MBENGUE NDIAYE ne peut être nommée qu’à la place d’un de ces hauts conseillers, avait alerté M. Sougou.
Une fois nommée dans le quota présidentiel des 70 hauts conseillers, en remplacement d’un haut conseiller, il faudrait qu’elle soit à nouveau nommée Présidente du HCCT. Pour Aminata MBENGUE NDIAYE, devenir Présidente du HCCT suppose une double nomination (une nomination pour intégrer le HCCT en qualité de Haut conseiller et une nouvelle nomination à la tête de l’institution). La question qui se pose est de savoir si une double nomination ne pose pas un problème de légitimité », avait-il ajouté.
C’est vraisemblablement cette contribution de Seybani Sougou qui a permis de remettre les pendules à l’heure.
Macky Sall a certainement dû lui dire  merci mille fois.

Cheikh Sidou SYLLA

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