Sénégal : Macky Sall saura-t-il faire face au nouveau plan US ?

En visite au Sénégal depuis le 7 août, le secrétaire d’État américain adjoint aux Affaires africaines, Tibor Peter Nagy a promis face à la presse, d’envoyer davantage d’investisseurs et de touristes américains au Sénégal, vu « son avenir prometteur sur le plan politique ».

Le M.Afrique du suprématiste blanc de Trump a omis soigneusement de rappeler que le Sénégal abritait le siège de l’Africom et que dans les plans néocolonialistes des Américains, le pays, côtière avec l’Atlantique, présenterait la tête de pont des guerres à venir. 

Il y’a à peine deux semaines, environ 200 soldats américains, membres des Forces spéciales sol-air des Marines pour l’Afrique, se sont rendus au Sénégal et certains ont assimilé cette opération à une première tentative de débarquement. Après tout, les États-Unis cherchent à étendre leurs présence et ingérence en Afrique depuis le Sahel vers la côte et la récente visite de Nagy au Sénégal et en Côte d’Ivoire en dit long sur les vraies intentions US.

Dans son discours au Sénégal, Tibor Peter Nagy a souligné la « place importante » du Sénégal dans la politique américaine en Afrique, au regard de sa stabilité, ajoutant qu’il ferait de son mieux « pour davantage encourager les entreprises et les touristes américains à venir au Sénégal ». Quand un Américain loue la stabilité d’un pays africain, il faut bien craindre pour cette même stabilité.

Nagy a dit :« sans la stabilité tous les autres aspects de la coopération (économie, culture…) ne peuvent prospérer ». Le fait que l’Américain subordonne les investissements US au Sénégal au maintien de la stabilité a un sens bien précis : le Sénégal devra se soumettre à une présence militaire de plus en plus large sur son territoire s’il veut que les violences terroristes, la guerre et les conflits du Sahel n’affectent pas son territoire.

D’ici quelque temps, les Sénégalais devront donc s’attendre à un développement exponentiel de la présence militaire US dans leur pays sinon il y aurait des scènes à la malienne, à la burkinabée ou encore à la nigérienne avec son cortège de morts, de tueries, d’attaques terroristes qui se produiraient pour que les Sénégalais demandent eux-mêmes aux Américains de venir sécuriser leur pays. Rappelons qu’en 2016, le Sénégal et les États-Unis ont signé un accord de défense qui stipule « la présence permanente » de militaires américains dans le pays.

Le siège de l’Africom se trouve d’ailleurs au Sénégal. Le Sénégal est l’une des portes d’entrée de l’Occident en Afrique, une porte qui plus est, est pétrolifère. Ces jours-ci le Sénégal s’apprête à se doter d’un nouveau code énergétique.

Le président Macky Sall, désigné comme l’Homme de l’année du secteur pétrolier africain » par Africa Oil & Power pour ses efforts de relance de l’économie sénégalaise, saura-t-il surprendre les Américains qui entrent toujours dans les pays en voie de développent par la porte militaire pour en piller les richesses énergétiques ?  

Par RSA avec Presstv