Siège des Nations Unies voici le Discours du Président Macky Sall

Monsieur le Président de la Chambre de Commerce des États-Unis d’Amérique,
Chers amis,

Je voudrais d’abord vous remercier, Monsieur le Président, pour votre aimable invitation et votre accueil.
Je suis heureux de vous revoir après notre rencontre en novembre 2016 à Washington.
Et je me réjouis de cette initiative qui m’offre l’occasion de partager avec vous notre vision pour l’émergence économique du Sénégal et le rôle important que nous attendons du secteur privé.

Cela me donne aussi l’opportunité d’échanger avec vous sur nos idées et nos ambitions pour le futur, et surtout d’avoir vos points de vue en tant qu’investisseurs d’un pays avec lequel le Sénégal partage d’excellentes relations officielles et les valeurs de démocratie et de liberté.

D’une certaine façon, nous sommes vos voisins de l’autre côté de l’Atlantique. Le Sénégal est juste à moins de 8 heures de vol de la côte Est américaine.
Nous sommes un pays stable, qui n’a jamais connu de coup d’Etat en 59 ans d’indépendance ; un pays démocratique, avec des alternances politiques régulières et paisibles, dont je suis le 4e Président ; et un pays de cohabitation pacifique de diversités ethniques et religieuses.

Deux ans après mon élection en 2012, j’ai lancé le Plan Sénégal Emergent (PSE) qui vise l’émergence économique de notre pays à l’horizon 2035 par la transformation structurelle de l’économie sénégalaise.

Ainsi, pour donner quelques exemples, nous avons achevé d’importants chantiers ; un aéroport international, des infrastructures routières et autoroutières, un parc industriel dont la deuxième phase sera bientôt lancée. Nous aménageons également une ville nouvelle avec toutes les commodités à 30 km de Dakar et nous sommes en train de terminer la construction de la première phase d’une ligne de Train Express Régional (TER), dont la deuxième phase connectera la ligne au nouvel aéroport et à un système de Bus Transit Rapide.

Il s’y ajoute plusieurs centrales électriques solaires. Et nous lancerons prochainement avec un partenaire privé un nouveau projet portuaire international.
La mise en œuvre de la première phase du PSE sur la période 2014-2018 nous a permis de poser les bases d’une croissance forte et soutenue, avec un taux annuel de 6,6% en moyenne au cours de cette période, contre 3% en moyenne sur 2009-2013.

J’ajoute que les principaux projets infrastructurels du PSE I ont été réalisés grâce à des financements publics, parce que nous avions un important retard à rattraper dans ce domaine.

Pour la deuxième phase que nous avons lancée en décembre 2018 et qui portera sur la période 2019-2023, nous voulons davantage faire appel à l’investissement privé.
Nous avons défini deux outils à cet effet :
le Plan d’actions prioritaires (PAP) qui contient l’ensemble des projets, programmes et initiatives à réaliser dans le cadre du PSE II ;

le Plan d’actions prioritaires (PAP) qui contient l’ensemble des projets, programmes et initiatives à réaliser dans le cadre du PSE II ;
un Programme de Réformes de l’Environnement des Affaires et de la Compétitivité (PREAC).
D’un coût global estimé à 14.098 milliards de FCFA (environ 30 milliards de dollars), le PAP offre au secteur privé une large gamme d’opportunités d’investissements et de partenariats public et privé dans des domaines comme les infrastructures de transport, l’habitat, l’hôtellerie, l’énergie, l’industrie, les mines et également les hydrocarbures avec les perspectives d’exploitation du pétrole et du gaz à l’horizon 2022.

Dans le domaine des infrastructures et services de transports routiers, aériens, maritimes et ferroviaires, notre ambition est d’attirer plus de financements privés vers nos projets structurants, dont la réhabilitation du chemin de fer Dakar-Bamako sur 1200 km.

Dans le domaine de l’habitat, j’ai lancé un programme quinquennal pour la construction de 100.000 logements dont la mise en œuvre sera confiée au secteur privé avec des mesures incitatives de l’Etat.

Dans le domaine de l’hôtellerie, nous voulons renforcer nos capacités d’accueil et de service compte tenu du potentiel touristique sénégalais et des évènements internationaux que nous accueillons annuellement. Je signale que le Sénégal abrite 34 Représentations régionales et sous régionales des Nations Unies et que nous accueillerons en 2022 les Jeux olympiques de la Jeunesse, pour la première fois en Afrique.

Dans le domaine de l’énergie, y compris les énergies renouvelables, plusieurs projets du PAP peuvent être réalisés en mode PPP ou IPP (Independent Power Producer). Nous disposons depuis plusieurs années d’une réglementation appropriée dans ce domaine.

Dans le domaine industriel, notre objectif est d’accélérer le développement industriel grâce à la mise en place de Plateformes industrielles intégrées comme celle de Diamniadio à 30 km de Dakar.
Une de nos priorités dans ce domaine reste la transformation locale des produits agricoles, notamment les fruits et légumes et l’huile d’arachide.

Je dois aussi mentionner que nous entretenons d’excellentes relations avec les partenaires multilatéraux comme la Banque mondiale et le FMI, dans le cadre d’un programme appelé Instrument de Soutien à la Politique Économique.
Nous travaillons ainsi à la mise en œuvre de politiques macroéconomiques saines, à la gestion prudente et transparente des finances publiques et à l’accélération des réformes pour une croissance forte, durable et inclusive.

En outre, nous évoluons dans un environnement communautaire, avec deux marchés régionaux régis par la libre circulation des personnes et des biens : l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (8 pays, une monnaie commune) et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (15 pays membres, plus de 300 millions d’habitants).

Avec le lancement de la Zone de libre-échange continentale Africaine (ZLECAf), ce sont de nouvelles opportunités d’investissement qui s’ouvriront dans quelques années avec un potentiel de plus d’un milliard d’habitants.

Autant dire que vous aurez ainsi la possibilité de mener vos opérations sur le territoire sénégalais en ayant accès à des marchés plus vastes.

Je me réjouis de la présence de plusieurs sociétés américaines au Sénégal. Mais nous pouvons encore mieux faire en termes de promotion des investissements et de simplification des procédures pour améliorer davantage l’environnement des affaires.

C’est tout le travail que nous faisons en partenariat avec le secteur privé, au sein du Conseil présidentiel de l’investissement que je préside personnellement.
Je vous engage aussi à être plus « agressifs » dans l’approche du business avec nos pays. L’Afrique est en train de changer dans le bon sens et à un rythme plus rapide qu’on ne le perçoit souvent.

Une des questions que nous pourrions discuter concerne par exemple les primes de risque. La perception du risque de l’investissement en Afrique est encore trop élevée à tort ; ce qui renchérit les primes de risque et freine l’investissement.
Or, pour la grande majorité de pays africains, comme le Sénégal, le risque n’est pas plus élevé que dans d’autres pays développés.

Je crois qu’il y a du travail à faire de la part des investisseurs eux-mêmes, en faisant procéder à des analyses de risque mieux adaptées aux réalités et aux circonstances spécifiques de chaque pays. Cela permettrait d’éliminer des primes exagérées qui ne reflètent pas la réalité d’un pays donné.

Des agences comme Overseas Private Investment Corporation (OPIC) Development Finance Corporation (DFC) pourraient contribuer à ce travail.

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