UNE NOUVELLE DECISION DU CNRA ATTENDUE, CE VENDREDI




La sanction du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) contre la Sen Tv est en passe d’être levée. L’organe de régulation a décidé de consulter son collège sur la question, après la rencontre entre son président, Babacar Diagne, et la délégation du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication sociale du Sénégal (Synpics) conduite par son Secrétaire général, Bamba Kassé, hier, jeudi 2 janvier 2020. Au finish, le CNRA va rendre une nouvelle décision ce vendredi, apprend-on.

Un dénouement heureux est en passe d’être trouvé entre le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) et le Groupe D-Média, après la suspension des programmes de Sen Tv pour sept (7) jours pour «non-respect de l’interdiction de publicité des produits de dépigmentation». C’est du moins ce qu’a fait savoir le secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication sociale du Sénégal (Synpics), Bamba Kassé, au sortir d’une rencontre hier, jeudi 2 janvier, avec le président du Cnra, Babacar Diagne, en présence de représentants du Comité d’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored) et du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps).

«Nous avons formulé, à l’endroit du Cnra, notre demande de voir la décision de sanction être réduite, à défaut d’être levée. Le président du Cnra nous a fait part de sa volonté de convoquer le collège pour qu’il se réunisse pour prendre une décision qui nous sera notifiée», a déclaré Bamba Kassé. Aussi, a-t-il ajouté, «il nous a montré une correspondance de la Sen Tv qui est arrivée aujourd’hui (hier, ndlr) dans laquelle la Sen Tv s’engage à respecter les règlements en matière de publicité sur les produits dépigmentant». La médiation entamée par le Synpics, suite à la suspension des programmes de la Sen Tv, pourrait ainsi bientôt porter ses fruits. Et la sanction contre la télévision pourrait être levée très prochainement.

En effet, le Secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication sociale du Sénégal n’a pas apprécié la décision du Groupe de presse D-Média de mettre en «chômage technique ses employés», après la suspension de leurs programmes. Pour Bamba Kassé, cette décision est «surprenante, surtout dans un contexte particulier». «Je pense que lorsqu’on a des employés et qu’on travaille ensemble, on n’a besoin de tout le monde pour contester la décision», a soutenu le Secrétaire général du Synpics. Et d’ajouter : «on s’attend à ce que, quand la décision de sanction sera levée, la décision de mettre tout le monde en chômage technique soit aussi levée».

En attendant, le CNRA va rendre une nouvelle décision ce vendredi, assure Makhtar Fall, directeur de cabinet du président du CNRA, interrogé par Emedia. «Le collège s’est réuni et certainement donc le public sera informé de ce que le collège a décidé à la suite de la réunion», informe-t-il, sans entrer dans les détails.

SUSPENSION DES PROGRAMMES DE SEN TV : La CJRS «marque sa solidarité aux confrères du Groupe D-Média»

La suspension des programmes de la télévision privée Sen Tv, du Groupe D-Media pour une semaine par le Cnra pour «non-respect de l’interdiction de publicité des produits de dépigmentation» ne laisse pas indifférente la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS). Dans un communiqué rendu public hier, jeudi 2 janvier 2020, la CJRS, par la voix de son président, Ibrahima Baldé, dit «marquer sa solidarité aux confrères du Groupe D-Média qui sont des victimes collatérales de cette situation regrettable».

Toutefois, sur la décision du groupe de presse de mettre en «chômage technique les employés», la CJRS a invite ladite entreprise au «respect des droits des travailleurs». Par ailleurs, la Convention des jeunes reporters du Sénégal réaffirme la «nécessité, pour tous les organes de presse, de respecter la législation en vigueur». Non sans inviter le Cnra, à «faire preuve d’équité dans la mise en œuvre des principes sacro-saints qui régissent le secteur de la presse».

BABACAR DIAGNE, PRESIDENT DU CNRA : «Il faut respecter la loi»

«J’ai été saisi par des centaines de Sénégalais sur cette question-là. Je pense que, puisqu’il y avait une loi, il faut la respecter. Nul n’est au-dessus de la loi. J’étais heureux de cette initiative. Nous avons reçu, ce matin (hier jeudi, ndlr) à 10h10 la lettre par laquelle D-Média nous demande aussi de lever la sanction où D-Média réaffirme, comme ils l’ont fait dans un communiqué qu’ils avaient envoyé à la presse, qu’ils vont respecter les lois, règlements régissant le secteur des médias. Ils demandent de lever ladite sanction. Ils ont dit qu’ils vont, à partir de maintenant, renoncer à la publicité de tous produits de xessal. Qu’ils sachent que désormais, nous allons suivre tout ce qu’ils feront et franchement certaines dérives et déviations ne seront pas tolérées. Encore une fois, nous préférons privilégier le dialogue, la concertation. Mais quand nous serons obligés, nous prendrons des sanctions», a déclaré Babacar Diagne, président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), sur la Rfm, au sortir de sa rencontre avec la délégation de bonnes volontés composée de membres du Synpics, du Cored et du Cdeps, hier jeudi.

MADIEYE MBODJ ET «YOONU ASKAN WI» DOUTENT DU MOTIF INVOQUE PAR LE CNRA : «Interdiction de la publicité du xeesal ou tentative de musèlement des voix qui fâchent et qui gênent ?»

Le délégué général du mouvement Yoonu Askan Wi, n’a pas apprécié la décision du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) de suspendre la diffusion des programmes de la Sen Tv. Dans un communiqué de presse rendu public hier, jeudi 2 janvier, Madièye Mbodj se demande s’il s’agit «d’une interdiction de la publicité du xeessal» ou une «tentative de musellement des voix qui fâchent et qui gênent ?».

A cette interrogation vient se greffer d’autres : «pourquoi une sanction aussi lourde et disproportionnée ? Le groupe D Médias/Sen Tv n’a-t-il pas le droit souverain, en l’occurrence, de ne pas être présent à la conférence de presse post message du 31 décembre tenue au Palais, et d’organiser son propre plateau dans ses propres locaux? Le régime de l’Etat-parti APR-BBY oublie-t-il que le 31 décembre 2011, sous le règne de Wade, le journaliste Papa Alé Niang avait organisé un plateau similaire, avec comme invité Monsieur Macky Sall alors dans l’opposition ? Faudrait-il rappeler les tristes péripéties de la même émission organisée par le même Papa Alé Niang avec le même Ousmane Sonko le 31 décembre 2018 sur une autre télévision, péripéties ayant débouché sur le limogeage de Monsieur Niang de cette chaine ?», s’est-il interrogé.
Mieux, poursuit-il, «Papa Alé Niang et Ousmane Sonko seraient ils devenus les nouvelles têtes de Turc servant de défouloir à des autorités désemparées et en fin de course ? Voudrait-on dissuader ou museler toute voix discordante qui gêne ou qui fâche, qu’on ne s’y prendrait pas autrement ? Mais, peut-on, par des oukases d’un autre âge, empêcher le jour de se lever ? », ajoute Madièye Mbodj, rappelant que le motif invoqué par le Cnra serait le «non-respect de la mesure d’interdiction de la publicité du xeesal (produits éclaircissants)».

Poursuivant son propos, le délégué général de Yoonu Askan Wi lance encore : «pendant que l’on y est, quelle publicité du xeessal est-elle plus pernicieuse que celle de ces députées, ministres et autres VIP crevant les écrans tous les jours que Dieu fait en exhibant à la face du public leurs peaux artificiellement éclaircies ?».