VOICI POURQUOI ALASSANE OUATTARA NE BRIGUERA PAS LE TROISIÈME MANDAT

Le sujet relatif au 3ème mandat du président Alassane Ouattara est de plus en plus d’actualité. Dans une interview à la veille du 7 Août, fête de l’indépendance, le chef de l’Etat, lui-même, annonçait que la Constitution lui permettait de faire deux autres mandats s’il le voulait. Alassane Ouattara a affirmé cela, alors que bien de personnalités ont déclaré par le passé qu’il ne pouvait se présenter à une autre élection présidentielle, après ce second mandat qui s’achève en 2020.

La première personnalité à s’être exprimée sur la question, n’est autre que le Pr Ouraga Obou (rédacteur de la Constitution) qui, à la Une du quotidien Le Nouveau Réveil du 13 février 2019, désavoue Ouattara: « La constitution lui interdit un 3e mandat « . « Il m’a dit qu’il ne briguera pas un 3e mandat ».

Dans cet article, « votre quotidien de choix » indiquait que « le Prof Ouraga Obou, l’un des rédacteurs de la nouvelle Constitution, avait animé une conférence de presse, le 8 novembre 2016, pour expliquer pourquoi ladite Constitution ne pouvait pas permettre à Alassane Ouattara (qui dit aujourd’hui le contraire, après que lui-même a admis ne pas pouvoir l’être) : « Je puis vous assurer, Ouattara respectera sa parole, il ne briguera pas un autre mandat…

Le président Ouattara ne va pas briguer un autre mandat (…) depuis environ quatre mois, j’échange presque au quotidien avec le président de la République. Je puis vous assurer qu’il respectera la Constitution et ne briguera pas un autre mandat… la Constitution est claire sur la question : toutes les dispositions antérieures qui ne sont pas contraires aux nouvelles ne sont pas abrogées…

Le Président de la République, qui est à son deuxième mandat, ne peut en briguer un autre, dès que la Loi fondamentale le lui en interdit… Il y a la continuité législative dont il est question dans l’article 183. Il n’y a donc pas de suspension… Au regard de l’article 183, ce n’est pas parce qu’il y aura la nouvelle Constitution que tout ce qui existait avant sera caduc … ».

Cissé Bacongo, conseiller du président Alassane Ouattara, n’a pas dit le contraire. : « L’article 183 ne donne aucune possibilité à Ouattara de faire un 3è mandat » a-t-il déclaré à une émission de Africa 24, repris par le site : Afrik Soir. Extrait de l’interview : « Cette constitution-là devrait permettre au Président Alassane Ouattara d’avoir un 3é mandat. Vrai ou faux ?

Mais… Alors… Alassane Ouattara…

Ma question a deux volets. Non non non. M. Bacongo, est-ce que la Constitution dans cette nouvelle mouture donne la possibilité au Président Alassane Ouattara d’avoir un troisième mandat ?

Alassane Ouattara a répété qu’il ne serait pas candidat en 2020…

M. Bacongo, est-ce que cette constitution dans sa nouvelle mouture donne la possibilité (je dis bien la possibilité) au Président Alassane Ouattara d’avoir un 3è mandat ?

Non.

Ah. Pourquoi ?

Article 183.

Comment ?

L’article 183 de la Constitution dit que la législation en vigueur de la nouvelle Constitution reste applicable. La législation en vigueur, c’est-à-dire la Constitution, les textes pris en son application ; que ce soient des lois ; des décrets ou alors des ordonnances et autres qui sont en vigueur au moment de son entrée en vigueur sans jeu de mots reste applicable. En d’autres termes, l’article 35 de la Constitution de 2000 prévoyait que le mandat du Président de la république était de 5 ans renouvelables une seule fois ».

Quant à Koné Bruno, ancien porte-parole du gouvernement, dans un article publié par l’Infodrome le 12 décembre 2017, affirmait que : « j’ai moi-même eu l’occasion d’interroger le président sur ce sujet, et je n’en ai jamais eu l’impression. C’est un homme pressé de passer la main. Il travaille pour passer le relais à des gens  qui sauront préserver le pays et le faire avancer … dans le sens de la continuité de ce qu’il a accompli…».

Source : Afrik soir