Abandon du CFA/migration vers la monnaie de la Cedeao: Mise en garde contre

Si l’opinion africaine a positivement accueilli l’annonce samedi par le président burkinabé Roch Kabore de la décision des pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) de passer progressivement à la monnaie unique de la Cedeao, l’Eco, en abandonnant le franc CFA à l’horizon 2020, la probable implication sur fond “d’accompagnement” de la France dans le processus de création d’une monnaie propre à l’Afrique de l’Ouest est venue apporter sa nuance d’inquiétude à la liesse ambiante.

Après des années d’atermoiement, les dirigeants de la Cedeao ont enfin saisi l’occasion de  la 52ème  session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de cette organisation sous régionale pour transcender leurs peurs et incertitudes relatives à la gestion d’une monnaie unique dans laquelle se fondraient aussi bien le Franc CFA (monnaie commune actuelle des pays de la sous région anciennement colonisés par la France — Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo –  et la Guinée Bissau) que les monnaies nationales (Naira nigérian, Cedi ghanéen, Dollar libérien, Escudo cap-verdien, Dalasi gambien, Franc guinéen, Leone sierra-léonais).
« On le fera de manière progressive de sorte que tous les pays qui pourront répondre aux critères de convergence commencent à battre la monnaie de la CEDEAO en attendant que les autres pays puissent se conformer et intégrer le processus de cette monnaie (…) On a maintenu en tout cas la position qu’en 2020, cette monnaie devra donc exister et démarrer », a affirmé le président Kaboré.
Mais quoiqu’il n’ait pas évoqué une intervention de la France, de nombreux observateurs se souviennent que lors de son entretien avec les étudiants burkinabés à Ouagadougou fin novembre, le président français, Emmanuel Macron, avait dit être favorable à un changement du nom ou à un élargissement du périmètre du franc CFA, non sans promettre que : « la France accompagnera la solution portée par les présidents africains ».
A cause de cette promesse de monsieur Macron donc,  l’annonce de l’importante résolution de la Cedeao a suscité des réactions des Africains qui mettent en garde les responsables de la Cedeao qui seraient éventuellement tentés par un compagnonnage avec la France dans le cadre de ce processus de migration monétaire.
A en croire les auteurs de ses réactions dont la plupart se sont exprimés sur la toile, la France qui a l’exploitation de l’Afrique chevillée à l’âme ne peut en aucune manière « accompagner » l’Afrique dans un processus lui permettant à terme de s’autodéterminer. Et le franc CFA fait justement partie des instruments d’asservissement dont la France sait faire usage pour tenir l’Afrique en laisse depuis la fin de la colonisation fin des années 1950-milieu des années 1960.
« Si la France parle d’accompagner l’option  qu’aura prise l’Afrique pour sa monnaie, c’est  pour noyauter le processus, et retourner les  dirigeants africains en leur faisant ne voir que des  inconvénients dans le fait d’avoir une monnaie  commune, essentiellement africaine, comme elle  a réussi à l’imposer dans l’esprit des chefs  d’Etats des pays de la zone Cemac, moins  courageux que leurs homologues de la Cedeao »  , note Herman M, doctorant en Economie à  l’université de Yaoundé au Cameroun, un pays  où  le moindre frémissement anti-CFA est perçu  comme une manière de contribuer à la lutte de libération de l’Afrique du joug de la France.
Ndam Njoya Nzoméné
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