ABDOUL MBAYE, PREMIER MINISTRE "Nous ne cesserons pas d’avoir les meilleurs rapports possibles"

Abdoul Mbaye et Macky ensembleLe débat sur la candidature avortée de Mamadou Diagna Ndiaye, administrateur du groupe Mimran au Comité exécutif du Comité international olympique (CIO) fait rage depuis quelques jours dans la presse sénégalaise. Accusé d’avoir initié un lobbying qui a fait échec à la candidature de l’homme de confiance de Jean-Claude Mimran, le Premier ministre Abdoul Mbaye nie en bloc.

Il explique que la confusion procède de l’ignorance des règles de fonctionnement du Comité international olympique (CIO) qui ne reçoit pas d’injonction des Etats. Abdoul Mbaye en profite pour recadrer les relations qu’il entretient, en tant que chef du gouvernement, avec le président de la République. Dans le style froid et sec, qui est le sien.

Il y a beaucoup de polémique autour du rejet de la candidature du Sénégal au Comité international olympique (CIO). On vous accuse d’avoir fait échouer celle de Diagna Ndiaye.

Polémique née de l’ignorance. De l’ignorance des procédures de sélection des candidatures au CIO, de vote pour les départager, et même de certaines règles générales du sport. Un Etat ne peut déposer une candidature au CIO, l’ignorer est grave. Les instances internationales du sport sont jalouses de leur indépendance, c’est chose pourtant connue. Quant à l’échec d’une candidature, elle ne peut être que la conséquence de l’attitude de ceux qui ont pouvoir de voter. N’ayant pas ce pouvoir, je ne suis donc pas concerné. Soulignons enfin qu’être un vrai sportif – ou le prétendre – c’est savoir accepter la défaite après la compétition, aussi faire preuve de fair-play.

On vous reproche notamment d’avoir voyagé discrètement en Suisse, sans en aviser le président de la République, juste pour court-circuiter Diagna Ndiaye…

Il y a de nombreux mois que j’ai reçu l’accord de Monsieur le Président de la République de me rendre à Lausanne afin d’assister à la réunion annuelle de la prestigieuse Commission Marketing du CIO dont je suis membre depuis plusieurs années. Il est impensable que je puisse me rendre à l’étranger sans l’accord du chef de l’Etat. Il m’avait d’ailleurs chargé d’une mission à accomplir durant cette absence de 2 jours ouvrés. Et puis vraiment, vous me voyez traversant des continents pour un projet aussi pusillanime ?

Mais donc, pourquoi avez-vous présenté votre candidature, sachant que le Président Macky Sall avait parrainé celle de Diagna Ndiaye ?

Ma candidature comme membre du CIO a été déposée depuis plusieurs années. Le parrainage que vous évoquez, et dont je ne suis pas informé, ne peut lui être que postérieur.

Avez-vous vraiment besoin de ce poste alors que vous êtes déjà Premier ministre ?

Il n’y a aucun rapport. Je me souviens que Mohamed Mzali (ancien Premier ministre de la Tunisie) était membre du CIO, l’émir du Qatar est membre du CIO, et d’autres chefs d’Etat, donc des personnes de situation plus élevée que la mienne en sont membres….

Ne craignez-vous pas que cela vous coûte votre poste ?

Et pour quelle raison ? D’ailleurs je ne crains pas de perdre un poste, je crains de mal l’occuper. Qu’est-ce qui vous oppose réellement à Diagna Ndiaye, plus généralement avec le Groupe Mimran.

On assiste à des attaques, contre-attaques, malgré d’ailleurs le fait que Diagna Ndiaye ait été nommé ministre-conseiller spécial chargé des investissements ?

C’est peut-être à lui qu’il conviendrait de poser la question. Par contre, au moment où il a fallu donner corps aux promesses du Président Macky Sall portant baisse des prix des denrées, je sais avoir choisi les intérêts du consommateur sénégalais, du citoyen sénégalais, avant ceux du Groupe que vous citez lorsque la protection de la production nationale n’était pas en cause. Telle sera mon attitude en toutes circonstances, et face à n’importe quel groupe.

Comment avez-vous accueilli sa nomination en tant que ministre conseiller en charge des investissements  ?

C’est une décision de Monsieur le Président de la République. Depuis votre nomination au poste de Premier ministre, vous faites l’objet d’attaques, qu’est-ce qui vous fait donc courir ? C’est la fonction qui crée les attaques. J’y suis préparé. Elles ne cesseront pas, et je pense à Nietzsche qui fait dire à Zarathoustra  : “A l’école de guerre de la vie, tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort”

On a aussi beaucoup spéculé sur vos rapports difficiles avec le Président Macky Sall. Qu’en est-il réellement ?

Il n’en est rien. Nous avons et ne cesserons pas d’avoir les meilleurs rapports possibles. Ceux qui me connaissent savent que jamais je n’oublierai son choix porté sur ma personne un soir de 3 avril 2012. Cette attitude qui est et sera la mienne est une part importante de ma conception de l’éthique.

Ce débat intervient au moment où l’affaire Hissène Habré, dans laquelle votre nom a été souvent cité, refait surface…

D’autres attaques ! Une même source ?

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