Abdoulaye Sarr, sur le match Egypte-Sénégal : «Avoir une équipe assez compacte sur toutes les lignes»

Ancien sélectionneur des Lions, Abdoulaye Sarr

Ancien sélectionneur des Lions, Abdoulaye Sarr, aujourd’hui directeur technique au sein du centre de formation de Génération Foot, a indiqué que la clé du succès du prochain match de l’Equipe nationale face à l’Egypte, ne repose que sur les épaules de l’entraîneur, Alain Giresse. Une rencontre prévue samedi au Caire et qui entre dans le cadre des éliminatoires de la Can 2015.

Comment analysez-vous le prochain match des Lions face à l’Egypte prévu ce samedi au Caire ?
Pour ce match, sans être un donneur de leçons, je pense que tout reviendra à l’entraîneur pour la stratégie qu’il faut pour aborder ce match. En tant qu’observateur et ancien pensionnaire de la Tanière, connaissant l’Egypte, on va vers un match très difficile. C’est un pays qui ne nous laissera aucun répit, vu la position actuelle des deux équipes. L’Egypte a essuyé une défaite (0-2) chez nous à Dakar et a envie de se racheter au Caire.

Suffisant pour que l’on s’attende à une équipe égyptienne déterminée…
Connaissant le public égyptien, je crois en effet qu’ils vont essayer d’entrée de mettre la pression sur les Lions. Il faut composer avec cet environnement qui sera hostile et essayer d’être mentalement très costaud. Et comme on le dit, ce sera le haut niveau, ça va se gagner sur des détails. Il faut comprendre qu’à l’issue de ce match, il y a des points à prendre et qu’il faudrait au moins revenir avec ce point du nul. Connaissant les joueurs qui sont actuellement opérationnels dans la Tanière, je pense qu’ils ont un bon potentiel sur lequel il faut s’appuyer. A leur niveau, ils sont très conscients des attentes du Peuple et cela ne doit pas être un élément négatif pour eux. Au contraire, cela doit être une source de motivation pour qu’individuellement, chacun travaille pour l’équipe. Si on le prend ainsi, on aura un groupe assez cohérent, fort dans la tête pour, peut-être, faire la différence. Parce que techniquement, on a des jeunes capables. C’est sur le collectif qu’il faudrait bien travailler et avoir un groupe assez compact sur toutes les lignes pour essayer de faire le jeu qu’on attend dans notre philosophie et notre style. Cela veut dire un jeu alliant technique et la puissance athlétique. Sur ce match, on en aura besoin. Sans verser dans une agressivité très poussée.
Est-ce que la meilleure stratégie est de laisser le jeu aux Egyptiens ?
Je crois qu’il faut jouer sur ses propres valeurs. Chaque match a ses vérités. Les plans de jeu appartiennent à l’entraîneur qui vit la proximité de son groupe. C’est pourquoi, après un match, il est facile de dire certaines choses, mais seul Giresse (Alain) détient la clé du succès. Et là, je crois qu’ils sont conscients qu’il y a une attente forte. Actuellement, on est deuxième. Avant ce match, on peut dire qu’on a une place qualificative. Il faut faire en sorte qu’après ce match, cette place reste parce qu’on a un autre atout, c’est jouer le dernier match chez nous contre l’adversaire le plus faible, le Botswana. Il faut donc laisser cette sérénité à l’entraîneur.
Malheureusement, cette sérénité semble remise en cause avec les nombreuses sorties de certains joueurs déplorant leur non-convocation ?
Sur ce plan, le sport va avec. Et quelque part il y a des intérêts individuels. L’entraîneur, en tant que manager, personnage central, doit pouvoir gérer. Les déclarations des uns et des autres montrent l’intérêt que les gens portent à notre Equipe nationale. A mon avis, il n’y a rien d’alarmant. Il faut savoir seulement mettre le doigt sur l’intérêt du groupe parce qu’il n’y a qu’une seule star : c’est l’équipe. Que les joueurs fassent des déclarations, la différence se fera toujours sur le terrain. Et c’est là où on attend tout le monde. Aussi bien l’entraîneur que les joueurs. Je positive pour dire que ces joueurs ont une envie de prouver. C’est déjà un élément positif qui permettra à l’entraîneur de transformer toutes ces déclarations en facteur positif pour l’intérêt du groupe. Ça existera toujours. Ce n’est pas une première qu’on voit des joueurs prendre des positions face à des situations. Disons que l’entraîneur, c’est un homme de consensus qui doit mettre l’intérêt général au dessus de tout.

  • Écrit par  Woury DIALLO

wdiallo@lequotidien.sn

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