ABOUBAKRY MBODJ, SECRETAIRE GENERAL DE LA RADDHO SUR LE DIALOGUE POLITIQUE «C’EST NECESSAIRE POUR CALMER LES TENSIONS ET PREVENIR LES CONFLITS…»

Aboubakry Mbodj Raddho
Aboubakry Mbodj Raddho
Aboubakry Mbodj Raddho

La situation politique actuelle du pays et principalement de l’appel au dialogue entre l’opposition et le pouvoir, (notamment entre Abdoulaye Wade et Macky Sall) ne laisse pas indifférent Aboubakry Mbodj, le secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho).

Selon M. Mbodj le dialogue politique «est nécessaire et imminent dans un pays pour calmer les tensions et prévenir les éventuels conflits». A l’en croire, depuis l’alternance de 2012, les pourparlers entre le nouveau gouvernement et l’opposition ont été rompu, ce qui est grave dans un état de démocratie et de droit.

Aboubakry Mbodj qui donnait son avis sur l’actualité politique nationale nationale, dans entretient qu’il nous a accordé, estime que c’est le moment ou jamais pour les parties prenantes de s’assoir autour d’une même table et discuter de la situation du pays.
«L’entretien doit même être élargi à toutes les forces vives de la nation (la société civile, les syndicats, le secteur privé, les leaders religieux…) car, c’est le destin du Sénégal qui est non seulement engagé mais est en jeu. Nous considérons que pour y remédier, chacun doit donner son avis sur la situation du pays parce qu’il n’appartient ni au régime en place, ni à l’ancien pouvoir», martèle-t-il.  
 
Selon le secrétaire général de la Raddho, ce qu’il faut mettre en avant actuellement, c’est la cause nationale. «Sans le dialogue, nous allons vers une escalade de violence qui enfoncera le pays dans un gouffre total. Et induira même vers une déstabilisation des institutions de la République en rendant précaire le climat propice à toutes formes de concertation nationale permettant au Sénégal de sortir de la crise actuelle où il se trouve», prévient-il.   
 
M. Mbodj s’est aussi prononcé sur l’interdiction des marches et des meetings pacifiques pour des citoyens qui veulent s’exprimer. Il considère que toute manifestation doit être accordée dans un pays, si celle-ci respectent les conditions fixées par la loi (déclaration au moins 72h avant) car c’est la Constitution même qui l’a déjà autorisé.
«Depuis un certain temps, ce que nous avons constaté dans ce pays, c’est qu’en plus de l’opposition, même la société civile se voit refuser le droit de manifester et ce n’est pas normal», se désole-t-il. Aussi conseille-t-il, alors, les autorités en place de laisser aux citoyens l’occasion d’exercer librement leur droit et de s’exprimer pour éviter les malentendus. «Si elles (les autorités-ndlr) ne le font pas, on peut dire qu’elles violent les droits des populations». 
 
Toutefois, le secrétaire général de la Raddho estime que c’est une erreur grave de l’autorité administrative de ne pas demander à tout manifestant de préciser l’itinéraire de son cortège avant d’en arriver à une mesure d’interdiction. Parce que l’Etat, en tant que garant des droits et de la sécurité des populations, sera le principal responsable, s’il y a des troubles, mais aussi s’il tombe dans le piège de l’opposition car va endosser toutes les conséquences. 
 
M. Mbodj a donné aussi son opinion sur l’affaire Karim Wade. A l’entendre, la place de Karim, comme de toutes les personnes co-accusées pour des biens supposés mal acquis, n’est plus la prison.
«Et si on doit les poursuivre, il doit y avoir des délais fixés par la loi. On ne peut pas arrêter une personne, au-delà de six (6) mois sans aucune preuve, il faudrait au moins leurs accorder une liberté provisoire», considère t-il. Il pense que ce qu’il faudrait faire, c’est plutôt de ne pas les autoriser à sortir du territoire national et les convoquer quand la justice aura besoin d’elles.  

ALIMATOU DIAGNE

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