ACCELERATION DES PROGRAMMES La culture sera-t-elle dans le rythme?

Le nouvel attelage gouvernemental animé par Mme Aminata Touré a l’ambition d’accélérer  les programmes du chef de l’Etat. Selon le directeur de cabinet du président de la République, Abdoul Aziz Tall, «ce réaménagement répond entre autres à un souci d’efficience et d’efficacité» afin de prendre en charge les préoccupations des Sénégalais à travers le programme Yonu Yokkuté mis en place par le parti au pouvoir.  Dans cette dynamique voulue par le chef d’orchestre du gouvernement, le département de la culture doit  naturellement suivre le rythme.abdouazizmbaye_culture_1

Les dés sont jetés par le chef du gouvernement nouvellement nommé. Désormais, pour Aminata Touré qui occupait le département de la justice, « il faut accélérer les programmes mis en place par le chef de l’Etat pour une meilleure prise en charge des Sénégalais.»

Dans cette logique, le département de la Culture est très attendu car des projets ficelés depuis plusieurs années par le ministère concerné tardent à être concrétisés.  Il s’agit entre autres de la loi sur les droits d’auteur et droit voisin votée depuis le 25 janvier 2008 dont l’application tant attendue par les artistes, créateurs et autres producteurs, n’est toujours pas effective et l’application de la loi aboutissant à la mise en place de la société de gestion collective.

Une loi qui augure d’ une participation effective des ayants-droit à la gestion de la nouvelle société, la prise en compte de leurs intérêts et à transparence de la répartition des ressources financières aux artistes.  Sur ce point, le conflit d’intérêt bloque le processus. L’actuel conseiller technique N°1 du ministre de la Culture est à la fois Président du Conseil d’administration du Bureau sénégalais du Droit d’auteur (Bsda) et Président de l’Association des Métiers de la Musique (Ams) depuis plus de 10 ans, en plus d’autres facteurs bloquants qui empêchent la naissance de la nouvelle société de gestion collective.

D’un autre coté, les artistes et acteurs culturels piaffent d’impatience pour une assemblée générale au cours de laquelle ils pourraient choisir les membres du Conseil d’administration, la direction et opter pour le mode de gestion et l’orientation.

L’autre inquiétude est la convention sur la protection sociale des artistes et professionnels de la culture signée en 2010 par le Premier ministre d’alors, à la place du souvenir africain qui tarde à voir le jour. La signature du document est l’aboutissement d’un long processus de concertation, d’étude entre le ministère de la culture, les artistes, les acteurs culturels et un pool de sociétés d’assurance-partenaires. Aujourd’hui, bon nombre d’artistes tombent malades, sont confrontés à des difficultés sociales, ne sont pas pris en charge par le gouvernement du Sénégal et peinent à se prendre en charge. Il s’y ajoute le non paiement des salaires des animateurs culturels  qui n’ont toujours pas reçu leurs salaires depuis plus de huit mois.

Tant de questions, de préoccupations, qui méritent d’être posées sur la table  et sur lesquelles il faut travailler pour  leur mise en place.

Au niveau du ministère de la Culture, Abdoul Aziz Mbaye a été reconduit dans le gouvernement d’Aminata Touré.  Certains observateurs pensent qu’il doit appliquer ces programmes pour suivre le rythme cadencé par le Premier Ministre.

«S’il persiste avec son programme de diversité culturelle improvisé, non planifié et qui n’est inscrit sur aucune ligne budgétaire, la culture va continuer à patauger, les autres programmes tels que la Foire internationale du Livre et du Matériel didactique, le Festival national des arts et cultures (Fesnac), la Biennale de l’art contemporain entre autres seront en léthargie comme c’est le cas présentement », souligne un acteur culturel.

Pour l’actuel ministre de la Culture, il a fait de la diversité culturelle, l’un de ses programmes phares. Une option qui l’a mené dans plusieurs régions du Sénégal ou des rendez vous avec des acteurs culturels furent organisés.  Toutefois, cette vision ne semble pas être partagée par plus d’eux qui voient dans cette démarche une manière de faire disparaître d’autres programmes, d’autres manifestations.

Ainsi diront certains acteurs culturels : « pour booster la culture, c’est la mise en musique de la vision stratégique qui sous tend la politique culturelle nationale avec toutes les composantes culturelles : des arts de la scènes aux arts visuels en passant par la valorisation du patrimoine, la prise en compte de l’édition, du cinéma, de la mode, etc. L’une des orientations qui vaille aussi, c’est l’émergence de l’économie de la culture en accompagnant les industries culturelles au Sénégal».

A Thiès, le ministre de la culture Abdoul Aziz Mbaye avait annoncé la mise en place de la nouvelle société de droit voisin. Elle vise à favoriser une meilleure prise en charge des préoccupations des artistes en termes de sources de revenus durables et de mieux-être. A quand, sommes-nous tentés de nous demander ? Le ministre, Abdoul Aziz Mbaye, promet que ce sera pour «bientôt».  Demeure la question de savoir dans la cadence?

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