ACCES AUX PRODUITS ALIMENTAIRES, SANTE, EDUCATION, LOGEMENT… Le fossé se creuse

Deuxième du genre, l’Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal (ESPS-II) de 2011 réalisée par l’Agence nationale de la statistique et la démographie (Ansd) révèle une consommation annuelle totale des Sénégalais estimée à travers les dépenses à 3880 milliards de francs CFA. poverty

La répartition de ces dépenses confirme la disparité énorme entre Dakar (qui abrite 23,6% de la population totale en 2011) et le reste du pays (73,4% de la population en 2011), d’une part, et entre les citadins qui représentent 46% de la population contre 56% de ruraux, d’autre part.

«Quand on a des difficultés pour nourrir son ménage ». Pour 66,9% des ménages sénégalais interrogés dans le cadre l’Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal (ESPS-II), c’est le principal signe de manifestation de la pauvreté, même si celle-ci est multidimensionnelle entre le manque de moyens pour se soigner, le manque de travail ou encore « quand on n’a pas de logement décent ». L’incidence de la pauvreté monétaire au Sénégal quant à elle, est estimée à 46,7% en 2011, selon les résultats définitifs de la deuxième Enquête de suivi de la pauvreté au Sénégal (ESPS II) dont 57,3 pour le milieu rural. Autrement dit sur 1 499 943 ménages, environ 700 000 sont pauvres tandis que ce chiffre tournerait autour de 900 000 en milieu rural.

Le pourcentage de pauvres n’a cependant pas bougé depuis les résultats préliminaires de la deuxième Enquête de suivi de la pauvreté au Sénégal (ESPS II) publié en juillet 2012. Les résultats préliminaires avaient cependant fait état d’une évolution à la baisse de 55,4% entre 2001 et 2002 avant de chuter à 48,5% entre 2005 et 2006 pour se situer à un niveau de 46,7% de 2001 à 2011. Une baisse en dépit de laquelle près d’un ménage sénégalais sur deux continue toutefois à être en situation de pauvreté.

Pour appréhender la pauvreté, les enquêteurs de l’Agence nationale de la statistique et la démographie (Ansd) qui a collecté des données à l’échelle nationale sans avoir recours à des questionnaires sous format papier, ont fait recours au seuil de pauvreté appelé aussi ligne de pauvreté et conçue de manière à permettre aux personnes qui sont classées comme non pauvres, de satisfaire au minimum leurs besoins vitaux. Aussi, l’incidence de pauvreté est simplement la part de la population ou des ménages qui vit en état de pauvreté, c’est-à-dire ceux pour qui la consommation se situe en dessous de la ligne de pauvreté définie.

Les 20% les plus riches
La consommation comprend la part des dépenses des produits alimentaires, des produits non alimentaires, de santé, d’éducation, de logement et des dépenses exceptionnelles en biens et services, restant à leur charge. L’enquête de l’Ansd révèle que globalement, les ménages sénégalais consacrent plus de la moitié de leurs dépenses à la nourriture. Estimée à travers les dépenses, la consommation annuelle totale des Sénégalais s’élève ainsi à 3880 milliards de francs CFA, dont 43,0% par les Dakarois, 21,7% par les citadins des autres villes et 35,3% par les ruraux. Ce qui correspond à une dépense annuelle moyenne de 2 586 818 francs CFA par ménage et de 284 615 francs CFA par personne. Globalement, la population urbaine dispose de 64,7% de la dépense totale annuelle contre 35,3% par la population rurale, renseigne le document.

Les estimations montrent en outre qu’au niveau national, les 20% les plus riches ont effectué 37,4% des dépenses totales de consommation en 2011 tandis que les 20% les plus pauvres n’ont disposé que de 6,6%. En moyenne, un individu du quintile le plus riche a dépensé 367 542 FCfa au cours de cette année alors que dans la même période, celui du quintile le plus pauvre n’a pu dépenser que 157 756 FCfa, soit un ratio de près d’un tiers au détriment des plus pauvres.

Par ailleurs, selon l’enquête de l’Ansd, la dépense moyenne d’un dakarois est de 1 442 FCfa par jour contre 841 FCfa seulement pour le citadin d’une autre ville. A l’opposé, le villageois moyen se contente de 486 FCfa pour ses besoins quotidiens. Ces différences sont révélatrices de la différence de pouvoir d’achat entre les dakarois et les autres sénégalais : les dakarois dépensent presque deux fois plus (1,7 fois de plus) que les autres citadins et trois fois plus que les ruraux. L’écart entre les populations des autres villes et la campagne n’est pas moins significatif, même si l’ampleur est moindre : un citadin résidant hors de Dakar dépense quasiment deux fois plus qu’un villageois.

Toujours est-il que les disparités sont telles qu’en ce qui concerne l’accès à l’électricité, les résultats mettent en évidence que le milieu rural où l’utilisation de la lampe rechargeable est très répandue, est nettement plus défavorisé avec seulement 24,9 % des ménages qui utilisent l’électricité comme mode d’éclairage, contre 93,8 % à Dakar urbain et 82,5% dans les autres centres urbains. L’accès à l’eau potable qui garantit de meilleures conditions de salubrité, est la principale source d’approvisionnement pour la quasi totalité des ménages de Dakar (95,5%) et pour 79,1% des ménages des autres villes. Mais cette proportion reste faible en milieu rural (53,6%) où près d’un ménage sur trois (32%) s’approvisionne à partir d’une source non protégée (puits non protégé, vendeur d’eau, cours d’eau, etc.).

Du boulot ?
Alors que près de 53,8% de la population sénégalaise sont âgés de moins de 20 ans, sur 100 personnes en âge de travailler, moins de 44 occupent un emploi soi un taux d’occupation de 43,8% contre un taux de chômage estimé à 10,2% au niveau national. La zone urbaine Dakaroise affiche le taux de chômage le plus élevé avec un peu plus de 14 actifs sur 100 en situation de chômage. Suivent les autres villes avec un taux de chômage de 13,9%. En milieu rural, le taux de chômage est nettement plus faible. Au regard du milieu de résidence, le chômage des jeunes est plus important dans les zones urbaines (16,8% à Dakar urbain et 16,3% dans les autres centres urbains) qu’en milieu rural (10,5%).

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