Accord entre Washington et Moscou sur une extension du cessez-le-feu à Alep

20150824-lavrov-kerry_2668937b-1728x800_c-300x139Les États-Unis et la Russie ont annoncé mercredi l’extension de l’accord de cessez-le-feu à la province d’Alep. Le gouvernement syrien a décrété quant à lui une trêve de 48 heures dans la ville ravagée par les combats.

Sous intense pression diplomatique, le régime syrien s’est engagé, mercredi, à respecter une trêve de 48 heures dans la ville d’Alep où se sont intensifiés les combats entre forces gouvernementales et groupes rebelles depuis une dizaine de jours. Quelques heures plus tôt, les États-Unis et la Russie ont annoncé s’être entendus pour que l’accord de cessation des hostilités soit étendue à la région d’Alep. Censée être en vigueur depuis le 27 février, cet accord, qui excluait les zones tenues par les jihadistes du groupe de l’Etat islamique et le front al-Nosra, a volé en éclats le 22 avril.

Le ministère russe de la Défense a confirmé, pour sa part, la réintroduction du “régime du silence” dans la ville d’Alep” jusqu’au 6 mai à minuit.

“Nous avons assisté à une réduction globale de la violence”, a confirmé le secrétaire d’état américain John Kerry, même s’il a reconnu la poursuite de combats en certains endroits.

>> À lire sur France 24 : “Syrie : multiplication des réunions diplomatiques face à la reprise des combats”

A Berlin, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a “demandé aux troupes du régime Assad combattant là-bas de respecter totalement la trêve”. Un calme précaire a régné durant la journée de mercredi dans la ville divisée entre secteurs rebelles et secteurs pro-régime, après des bombardements nocturnes consécutifs à des combats acharnés mardi, les plus violents depuis plus d’un an selon une ONG syrienne.

Depuis le 22 avril, 284 personnes, dont 57 enfants et 38 femmes, ont péri dans les violences à Alep marquées par les raids aériens intensifs du régime et les bombardements à l’artillerie lourde des rebelles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Le régime syrien s’engage à respecter une trêve de 48 heures à Alep

A la demande de la France et du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni mercredi soir à New York pour examiner la situation à Alep. A cette occasion, deux hauts responsables onusiens ont dénoncé les “véritables crimes de guerre” y ont lieu, dont les auteurs doivent être traduits en justice.

“Je vais être absolument clair une nouvelle fois : les attaques délibérées et directes contre des hôpitaux sont des crimes de guerre”, a déclaré le secrétaire général adjoint des Nations unies aux Affaires politiques Jeffrey Feltman, lors de la réunion. “Utiliser la famine comme une arme dans un conflit est un crime de guerre”, a-t-il poursuivi, estimant que la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye devait enquêter sur d’éventuels crimes de guerre dans le pays.

Outre la mort et les destructions à Alep, l’aide humanitaire ne parvient pas aux quartiers rebelles. “Nous avons besoin d’une fin des bombardements et des combats. C’est une catastrophe. Les docteurs et infirmières se font tuer pendant que la population saigne”, a dénoncé quant à lui le président du groupe de travail de l’ONU sur l’aide humanitaire Jan Egeland.

Sans le respect de la trêve, 400 000 personnes pourraient fuir vers la Turquie, avertit l’émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui tente de relancer les négociations de paix indirectes à Genève entre le régime et l’opposition.

France24

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*