Cameroun: les déboires s’accumulent pour le Groupe Bolloré

Le consortium Bolloré-APMT vient de saisir le tribunal administratif de Douala, dans la métropole économique camerounaise, afin de contester son exclusion du processus de sélection du prochain concessionnaire du terminal à conteneurs du port de Douala, selon le site Gazeti237.com.

Jusqu’ici, c’est le groupe français qui gère cette place portuaire depuis 2005, à travers sa filiale Douala International Terminal (DIT), jusqu’à fin 2019. Cependant, DIT ne fait pas partie des entreprises retenues à l’issue de l’appel public international à manifestation d’intérêt, pour la concession des activités dudit terminal.

Un véritable coup dur pour le groupe Bolloré. En effet, plus de 95 % du trafic portuaire du Cameroun passe par celui de Douala, plus grand port d’Afrique centrale où transitent les marchandises des pays de l’hinterland comme le Tchad, le République centrafricaine (RCA), etc.

Si le groupe français tente de se remettre de cette désillusion, il faut noter que ses déboires s’enchaînent dans le pays. Il y a quelques jours, en effet, des associations européennes et camerounaises ont assigné l’entreprise en justice au tribunal de grande instance de Nanterre en France.

Selon le quotidien Le Monde, ces associations veulent obtenir l’exécution forcée d’un plan d’actions au bénéfice de riverains affectés par les activités de la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm), dont le groupe français est actionnaire.

En 2010, suite à un rapport de l’association Sherpa, la Socapalm, filiale camerounaise du groupe luxembourgeois SOCFIN, détenu à hauteur de 38,75 % par le groupe français, est fortement critiqué, notamment pour des actes de déforestation, l’accaparement de terres et les rudes conditions de travail que subissent ses salariés, dans le cadre de son activité de production d’huile de palme.

Une plainte a d’ailleurs été déposée auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour la violation des «principes directeurs» édictés par l’organisation internationale à l’intention des multinationales.

Suite à la médiation engagée, le groupe français s’était engagé à améliorer les conditions de travail de ses employés, ainsi que les conditions de vie des riverains.

Toutefois, en novembre 2018, l’exécution de l’accord avait été stoppée, au motif que la société Socafin refuse son application.

Deux mois plus tôt, en septembre 2018, c’est une autre filiale de Bolloré Africa Logistics, Camrail, qui avait été déclarée coupable par le tribunal de première instance d’Eséka, dans l’affaire de la catastrophe ferroviaire du 21 octobre 2016.

Cet accident avait coûté la vie à 79 personnes, selon un bilan officiel, alors que la question des indemnisations des victimes n’a toujours pas été complètement résolue.