Après Dakar ville propre : A quand l’opération mains propres ?

Ces temps-ci, il est beaucoup question d’opération Dakar ville propre ou «Cleans days». Une initiative de salubrité publique qui vient à son heure et qui mérite d’être saluée à sa juste valeur parce que la saleté qui sévit dans Dakar est indigne d’un pays qui aspire à l’émergence. De même que la corruption qui sévit dans le pays et qui affecte tous les segments de la société au point qu’elle ressemble à un cancer métastasé.

Donc de la même manière que les autorités veulent combattre la saleté qui règne dans la ville, elles devraient aussi enclencher l’éradication de la corruption qui est en train de plomber le décollage du pays. Aujourd’hui, nombre de responsables politiques et de fonctionnaires se sont enrichis grâce à leur position occupée sans que la machine judiciaire ne s’emballe. Pire, l’Ofnac qui a été créé pour lutter contre la corruption semble être un épouvantail à moineau alors que les scandales de corruption à répétition sont de notoriété publique.

Pourtant Seynabou Ndiaye Diakhaté dit avoir transmis au Procureur Serigne Bassirou Guèye, 17 dossiers dont celui relatif à l’affaire Petrotim. «À lui d’en tirer toutes les conséquences», avait dit la présidente de l’Ofnac. Pourquoi; à ce jour, lesdits dossiers n’ont pas été exploités ? Qui protège les délinquants financiers ? Combien sont-ils qui se sont enrichis grâce aux marchés publics ? D’ailleurs les corps de contrôle comme l’Armp qui devraient veiller à la régularité des marchés semblent être plongés dans une profonde léthargie.

Ce qui étonne le plus est le fait que malgré les ravages de la corruption qui affaiblit les services publics et les infrastructures, qui entretient une pauvreté conséquente, des inégalités sociales et détourne le processus démocratique, les autorités montrent leur peu d’empressement et de volonté à la combattre. Pourtant, aujourd’hui beaucoup de problèmes auxquels sont confrontées les populations découlent des effets pervers de la corruption. Aussi bien dans le secteur de la santé, de l’éducation, de l’assainissement, des transports etc. Combien de milliards y ont été injectés sans que les populations ne ressentent les effets ? Au contraire, pratiquement tous les désagréments constatés aujourd’hui dans ces secteurs sont dus à la corruption. Pour ce qui concerne par exemple la recrudescence des accidents mortels qui défraie la chronique, les services compétents soutiennent que pratiquement la moitié des voitures en circulation ne détiennent pas de visite technique. Comment cela est-il possible ? «Plus de deux (2) millions de faux permis de conduire sont en circulation au Sénégal», avait aussi révélé le directeur des Transports routiers du Sénégal. Selon Cheikh Oumar Gaye qui était en tournée à Diourbel, «ce chiffre important de faux permis de conduire est l’une des causes de la recrudescence des accidents mortels constatés au Sénégal».

Inutile d’être devin pour savoir que la corruption n’est pas étrangère à ce phénomène. Dans le secteur de l’éducation comme dans celui de la santé l’État affirme qu’il y a injecté des milliards, mais curieusement ce sont des secteurs qui sont en état de délabrement avancé. Où sont passés tous ces milliards ?

Même chose dans le domaine de l’assainissement. Actuellement, les populations font face aux dégâts causés par les inondations alors que là aussi il serait fastidieux de compter tous les milliards supposés avoir été investis pour régler ce problème récurrent. Donc aujourd’hui, si le pouvoir tient vraiment à ce que Dakar soit une ville propre, le préalable devrait être le déclenchement de l’opération « mains propres » pour rendre à la vitrine sénégalaise,éclaboussée par la corruption endémique, tout son éclat.

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