CORONAVIRUS – Une nouvelle forme de guerre mondiale : quel avenir vu d’Afrique




LA CHRONIQUE DU DIMANCHECORONAVIRUS – Une nouvelle forme de guerre mondiale : quel avenir vu d’AfriquePublished 49 minutes ago on mars 22, 2020By admin
L’Humanité est de nouveau engagée dans une guerre mondiale, comme elle en a connue, deux fois entre 1914 et 1945, et sous le format d’une guerre froide, du temps de la longue bipolarisation, qui s’acheva au début des années 1990, entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Union des républiques socialistes soviétiques (Urss).

Ce qui change ici, ce sont les armes. D’ailleurs les guerres de ce type ont cessé d’être physiques depuis que la bombe atomique a été créée comme force de dissuasion. Certes le roman n’est pas achevé, comme on le souhaite, pour que soit préservé le maximum de vies humaines, mais un monde nouveau se dessine sur les ruines du bientôt ancien. Les plus grandes multinationales occidentales souffrent gravement de cette crise, et l’on ne sait pas encore si elles vont se relever de cette chute mémorable. Depuis quelques jours, l’on n’écarte pas de renationaliser de tentaculaires entreprises, surtout dans le domaine de l’industrie aéronautique.

Curieusement, la Chine, pays de diffusion de la pandémie, est presque sortie indemne de ce chaos, au point que ses médecins volent au secours de certains pays de l’Occident et du reste du monde.

Comme par le passé, l’on va assister à une redistribution des cartes sur l’échiquier international. Au lendemain de la Première guerre mondiale (1914-1918), l’Empire ottoman avait fini d’être démembré, comme la conséquence programmée des accords de Sykes-Picot et d’autres protocoles similaires, aux interminables additifs. Les Etats-Unis d’Amérique et l’Urss sortirent comme les deux vainqueurs de la Seconde guerre mondiale, faisant perdre du terrain à la France et à l’Angleterre, qui en devinrent de simples protégés des USA, alors pivot stratégique de l’OTAN.

L’Afrique, face à un colon affaibli, avait l’occasion de peser sur la balance, mais elle rata un tournant, en engageant mal le combat pour les indépendances, en y allant en ordre dispersé, sur fond de querelles entre leaders mus par le culte de la personnalité. On accéléra le processus de « balkanisation » du continent entamé dès la Conférence de Berlin à la fin du siècle précédent.

Pour l’heure, les Africains s’attèlent à sortir de cette crise, au moment où l’angoisse gagne bien des esprits. Mais, il va falloir penser aux lendemains, d’ores et déjà. L’UEMOA et la BCEAO semblent optimistes, même si elles redoutent une baisse de la croissance projetée. Cependant, la dépendance de nos pays vis-à-vis des nations les plus touchées par le Covid-19 risque de produire ses externalités négatives. Déjà l’Angola et le Nigéria, qui comptent beaucoup sur l’exportation de matières premières, sont cruellement affectés. De nombreux Etats ont tablé sur des réajustements budgétaires.

Quelles conséquences tout cela va-t-il avoir sur l’avenir du continent, qui était perçu comme le parent pauvre de la mondialisation ?