Covid-19 : La suprématie du débat scientifique

La controverse autour de l’efficacité de la chloroquine dans la lutte contre le Coronavirus est beaucoup plus vive en France que dans notre pays.

Invité ce vendredi soir dans l’émission ‘’MNF’’ de la 7TV, le Professeur Daouda Ndiaye a fermement maintenu sa position sur l’utilisation de la chloroquine dans le traitement préventif et curatif de la Covid19.

Simplement parce que, pour lui, aucune étude d’importance et de validation n’a pu encore prouver que l’hydroxychloroquine tue le virus.

Toutefois, tout en s’excusant de certains propos discourtois qu’il a tenu à l’égard du professeur Didier Raoult, chez qui il loue les qualités scientifiques, ce dernier n’a pas respecté les fondamentaux de bases de ses travaux scientifiques, pouvant entraîner des répercussions négatives et graves chez les populations. En effet, le professeur Daouda Ndiaye estime que force doit rester à la légitimité de la démarche scientifique qui ne peut prioriser la passion.

De même, la gravité de l’heure ne doit pas céder la place à des débats stériles et vains.

L’humanité entière garde espoir et prie pour une maîtrise et une conclusion rapides de cette situation qui paralyse la marche du monde.

De plus, une majorité de spécialistes scientifiques, dont le Prix Nobel de médecine 2008 Françoise Barré-Sinoussi, émet de sérieuses réserves contre l’utilisation systématique de ce traitement, du fait que, aucune preuve définitive, ne venant à ce jour étayer la thèse du Professeur Raoult.

En ce qui concerne Le professeur Daouda Ndiaye, sénégalais émérite, doit-on lui reprocher sa rigueur scientifique et la rigueur de sa parole ? La réponse est : NON !

Quoi de plus normal et naturel pour un sachant d’envergure et de crédibilité internationales que de donner objectivement et loyalement sa position et de la défendre d’un point de vue purement scientifique.

En cela il reste conforté par l’Organisation Mondiale de la santé (l’OMS), l’autorité suprême en la matière, qui n’a toujours pas donné sa validation vis à vis de l’administration généralisée de ce médicament.

Pour le Professeur Ndiaye, le leitmotiv reste que l’hydroxychloroquine ne doit pas être utilisé à titre préventif. Il réaffirme clairement qu’on doit encadrer son utilisation par une prescription médicale pour les seuls malades et éviter toute automédication et une chimioprophylaxie au Covid19, car les conséquences surtout en Afrique pourraient s’avérer potentiellement dramatiques.

Africains, respectons le fait qu’un de nos dignes fils aux compétences incontestables reconnues internationalement puisse apporter avec courage, dignité et responsabilité son point de vue scientifique, pouvant provoquer de la contradiction, mais au seul et unique bénéfice des populations.

Mouhamadou Ba, Journaliste