D’UNE MONNAIE UNIQUE À L’AUTRE

La disparition du franc CFA ouest-africain, en théorie à partir de 2020, vient d’être actée par la création d’une monnaie unique de la Cedeao : l’eco. Cette révolution pose inévitablement la question de l’avenir de son jumeau, le franc CFA d’Afrique centrale, fragilisé par une crise économique sans précédent, qui se traduit par l’épuisement des réserves en devises, et menacé d’une dévaluation depuis près de trois ans. Surtout, le défi lancé par la C e d e a o i n t e r ro g e sur la capacité de l’organisation sous-régionale centrale, la Ceeac, à se constituer en union monétaire.

Obligation

Contrairement à la Cedeao, qui jouit d’une certaine intégration et de la constance de s e s membres, la Ceeac est une structure dans laquelle les membres sont dispersés dans d’autres organisations sous-régionales. Outre les pays de la Cemac, elle accueille l’Angola bien plus proche de la SADC, l’organisation de l’Afrique australe, dont elle est aussi membre , le Rwanda et le Burundi, par ailleurs membres de l’EAC. Quant à la RD Congo, en plus d’être à la SADC et à la Ceeac, elle vient d’émettre le désir d’intégrer l’EAC, suspendant au passage le plus important projet de la Ceeac, le pont entre Brazzaville et Kinshasa.

Créer une nouvelle zone monétaire est une obligation pour les pays du franc CFA s’ils veulent éviter une nouvelle dévaluation, qui correspondrait à un massacre économique et social. Dans le contexte polémique actuel autour de cette monnaie, et au vu du courage pris par les Ouest-Africains, Paris pourrait être enclin à lâcher l’ensemble des pays de la zone.

Dans cette optique, il n’est pas certain que le Cameroun, le moins malade d’entre eux parce que le moins rentier, suive cette aventure. Yaoundé a les moyens de faire cavalier seul, ou de prétexter de sa frontière avec la Cedeao pour la rejoindre. La Centrafrique et le Tchad, qui sont fortement dépendants de lui économiquement, seraient tentés de le suivre, d’autant que N’Djamena a besoin de resserrer ses relations avec la Cedeao dans sa lutte contre le jihadisme, qui est appelée à durer et qui ne concerne pas tous les autres pays d’Afrique centrale.

Il ne restera alors que le Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale, des économies rentières, sans réelles industries, pour créer une monnaie. Avec le risque qu’elle n’inspire que peu de confiance aux marchés.

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