Kemi Seba: « la lutte contre le terrorisme est un business extrêmement florissant… » !

Loin de la France, Kemi Seba a suivi avec intérêt le sommet de la lutte contre le terrorisme qui a réuni les présidents du G5 Sahel et le président français Emmanuel Macron à Pau le lundi 13 janvier 2020. Au lendemain de ce sommet, l’activiste franco-béninois et président de l’ONG Urgences Panafricanistes Kemi Seba, a opiné sur l’alliance antidjihadiste renforcée au pays d’Emmanuel Macron.

Connu pour son franc parler sur des sujets sensibles du développement et de la souveraineté du continent noir Kemi Seba n’est pas allé du dos de la cuillère pour aborder l’actualité du sommet de la lutte contre le terrorisme. Dans une vidéo réalisée au centre Panaf à Cotonou, l’activiste franco-béninois Kemi Seba s’est particulièrement attardé sur la compréhension des mécanismes qui sous-tendent la situation actuelle de la lutte contre le terrorisme dans le G5 Sahel. Selon ses explications, la lutte contre le terrorisme est un partenariat gagnant-gagnant entre certains dirigeants africains et la France.

En effet, Kemi Seba explique que pour se maintenir au pouvoir, certains présidents africains « dictateurs » dépensent de manière astronomique les fonds de l’Etat au profit de leur propre intérêt et créent un sous-financement chronique et volontaire de l’armée. « Certains présidents africains sont des marionnettes consentantes qui savent se remplir les poches et ont tout intérêt à ce qu’il ait une multitude de bases militaires et de forces exogènes qui soient présentes sur leur terrain parce-que ce faisant », poursuit Kemi Seba, « leur manne financière augmente, leur sécurité augmente parcequ’il y a aussi une terreur psychologique: plus il y a de bases militaires, plus il y a des forces militaires, plus l’opposition se dit, comment tu veux résister à ce président alors qu’il a toutes les armées du monde avec lui en cas de conflit ».

« Ce mécanisme, c’est l’ingénierie sociale de la domination qui a été instaurée de cette façon ». Et en cas de crise électorale, les autorités françaises favorisent le président en place sous-prétexte d’union sacrée contre le terrorisme. « Au-delà de cette union sacrée, la France et la communauté internationale ont tout intérêt à avoir accès aux ressources, et donc faciliter cet accès aux ressources par le biais de la présence des bases militaires ». Donc en réalité, ajoute Kemi Seba: « la lutte contre le terrorisme est un business extrêmement florissant pour les entités que nous venons de citer », a-t-il insisté.

La Russie et la Chine ne pourront pas libérer l’Afrique…

Pour finir, Kemi Seba a précisé que la Russie, la Chine…ne vont pas résoudre le problème de l’Afrique à la place des Africains comme certains jeunes africains le pensent. La lutte pour l’autodétermination de l’Afrique revient aux fils du continent qui ne doivent compter que sur eux-mêmes: « personne ne pourra libérer l’Afrique à la place des Africains eux-mêmes. Ce qu’il faut, c’est consolider nos armées…si la communauté internationale voulait véritablement aider les armées africaines, il y’aurait des budgets qui seraient alloués pour leur fournir les armes et les formations nécessaires pour lutter contre les milices qui déstabilisent toute une région », a-t-il conclu.

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