Mise en œuvre du Fast Track: Ces nominations qui crèvent le Trésor Public

Quelques jours après sa réélection le 24 février dernier, le Président Macky Sall avait dans un discours jugé sans faute, détaillé ce que serait son dernier mandat. Hormis les promesses habituelles de réduction du train de vie de l’état ou une gestion rigoureuse des deniers publics, le Chef de l’état avait sorti de sa besace le concept Fast Track, pour aller plus vite dans la réalisation de ses projets entamés mais qui peinaient à finir. Un seul constat depuis lors, une floraison de nominations au point que le nombre de ministres ou personnes ayant le rang , dépasse le pléthorique gouvernement d’avant.

Les dernières nominations dans le conseil des ministres, tenu hier mercredi 24 juillet 2019, confirment la volonté du Président Macky Sall de mettre son deuxième mandat en mode « fast track ». Mais, les conséquences sur le Trésor Public risquent de faire renouer avec les tensions de trésorerie qui avaient valu à l’ancien ministre des Finances, Amadou Ba, une migration vers d’autres cieux. Au rythme des nominations, bientôt le Sénégal battra le record mondial des ministres et personnes ayant le rang présents dans un gouvernement. Même si le Président Macky Sall veut convaincre que seules la compétence et l’efficacité sont mises en avant pour le choix de ses collaborateurs, il n’en demeure pas moins que les charges sont lourdes.

Les trois dernières nominations prises par le président Macky Sall en l’occurrence, M. El Hadji Ibrahima Sall, économiste, nommé Président de la Commission d’Évaluation et de Suivi des Politiques et Programmes publics, tout comme MM. Haidar El-Ali et Abdou Ndéné Sall sont respectivement nommés directeur général de l’Agence Sénégalaise de la Reforestation de la Grande Muraille verte (ASRGM) et directeur général de la Société nationale du TER (SN/TER), sont assez expressives pour ce qui est de son intention d’aller vite et mieux. Mais, ces postes existent déjà dans les différents ministères et constituent des doublons qui vont plutôt ralentir les démarches.

Entre le 3 avril et le 24 juillet, le Président Macky Sall aura procédé à plus de 722 nominations à des postes dont le cumul des budgets de fonctionnement, avoisine le tiers de notre budget national. Comment, dans une telle situation, peut-on continuer de faire espérer une quelconque émergence ?
Au moment où les populations peinent à assurer les trois repas quotidiens, où les structures médicales peinent à offrir des soins de qualité sans compter la cherté du coût de la vie, l’option présidentielle devrait être une rationalisation des deniers publics et une utilisation efficiente au bénéfice de tous. Pendant sept ans, la pléthore de ministres, directeurs généraux,ministres conseillers, n’ont pu faire avancer le Sénégal, pourquoi vouloir s’entêter à entretenir un personnel politique toujours plus coûteux et plus exigeant ?