Seneguantanamo: Torture au Paradis !

Seneguantanamo: Torture au Paradis !

Une bête blessée, c’est connu, est un danger. L’animal politique dépourvu de finesse et intelligence, coincé, l’est davantage.
Tous se souviennent comment de simple fils à papa, arrivé au pouvoir, à la tête des États-Unis suite à des fraudes organisées des bureaux de vérification des bulletins de votes troués à un Congrès sous ordre, le fils de Georges Herbert Bush, devenu ainsi 43eme Président des Usa, s’est soudain transformé en terreur planétaire. Au nom de ce qu’il avait décrété être sa guerre contre le terrorisme.
Flash-back: la mutation est déclenchée aussitôt après les attaques des deux tours jumelles de Wall Street et du Pentagone par deux bombes volantes. Nous sommes le 11 septembre 2001.
Sous les yeux hébétés d’un monde secoué par l’audace autant que la violence meurtrière d’une attaque ayant fait plus de 3000 victimes, l’Amerique, géant de la planète, n’est plus qu’une force défaite. Aux pieds d’argile. Humilié, contraint d’être évacué, en se camouflant, George Web Bush, décide, aussitôt ses esprits revenus, de passer à la contre offensive.
À peine deux semaines après, il lance ce qui reste de la puissance militaire et technologique américaine aux trousses des terroristes, qu’il a identifiés comme étant les extrémistes musulmans, reclus entre l’Afghanistan,le Pakistan et, plus tard, l’Irak. Son axe du mal inclura certes la Corée du Nord mais l’heure est à la guerre au terrorisme…musulman.

Guerre juste..,perdue

Malgré ses amalgames, il dispose pourtant d’un large soutien, le monde estimant, qu’attaquée, l’Amerique était en droit de se venger au nom de la doctrine de la guerre juste.
Seulement, l’histoire ne retiendra de sa violente réplique que les excès qui l’ont incarnés. La guerre juste fut perdue parce que dévoyée. Doctrinairement d’abord à travers sa justification par la formulation du concept de guerre préventive et celui du changement de régime. Des faucons de son administration, notamment Dick Cheney, Condoleeza Rice, Paul Wolfowitz, Donald Rumsfeld et Richard Pearl, malgré les conseils de Brent Scowcroft, le sage et stratège, avaient tenu à lancer des attaques meurtrières contre dirigeants et.nations du monde opposés à la prééminence idéologique et politique des Usa. Ensuite, ils décidèrent de passer outre aux limites constitutionnelles de l’utilisation de la force en guerre .
Guantanamo et ses dérives virent le jour: la torture fut légalisée et l’on vit la face hideuse de l’Amerique au grand jour. Des chiens jetés sur les corps nus de détenus terrorisés, des soldats, y compris des femmes, prenant des photos à côté des prisonniers de guerre transis de peur. La morale et le droit piétinés.
De ce qui pouvait être une guerre contre le terrorisme, il n’en reste plus que le souvenir honteux d’une défaite morale pour une Amérique ayant depuis lors perdu sa puissance d’attraction, son soft-power tel que conceptualisé par Joseph Nye.
L’Amerique n’est plus une nation exceptionnelle. Elle est devenue une force repoussante, non plus le leader du monde mais une nation marquée par ses tares, un État voyou. Elle n’est plus la puritaine : dans sa guerre contre le terrorisme, elle a perdu son âme !

Phénomène similaire
E rappelant ce matin les causes de la décadence américaine, plus récente que pouvait la justifier l’extermination des Indiens intervenue sur son sol, voici trois siècles, et qui est due aux crimes plus récents, surtout à Guantanamo, parce que plus médiatisés, je veux attirer l’attention sur la gravité, l’extrême gravité, d’un phénomène similaire qui est en passe de mettre fin à l’exception sénégalaise. Hier nation douce, démocratique et décente, la voici sous le joug d’individus blessés par leur échec et leur incompétence qui n’ont plus d’autres idées que la mise en route d’un culte de l’oppression et de la violence aveugle.
Deja, dans les gazettes et chancelleries, on ne parle plus que de ce Sénégal décevant. Qui est devenu hideux. Où les élections sont fraudées, les ressources naturelles pillées par ceux qui devraient les préserver pour l’intérêt national, tandis que les règles constitutionnelles sont piétinées, de la justice malmenée, la liberté d’expression muselée, jusqu’au déni des droits à la marche et aux manifestations désormais soumis aux caprices d’un régime tenté par l’autoritarisme.
Le Sénégal se meurt. Il perd son identité. Il fait peur. En sortir, s’en éloigner, ne plus s’en revendiquer, s’exiler, bref l’abandonner deviennent de plus en plus des options trottant dans la tête de nombre de ses citoyens. S’il fallait mesurer l’échec de Macky SALL, ce baromètre du vote par les pieds serait le plus pertinent.
J’ai vu les acteurs de cette déchéance: d’un minable ministre de la justice à un président lâchement caché sous son lit pendant que ses complots antidémocratiques sont déployés (souvenez-vous de Blaise Compaore qui disait dormir chaque fois que ses hommes assassinaient ses adversaires et amis), et les forces physiques de la répression.
J’ai vu en prison des malabars fiers d’être surnommés Hitler, j’en ai vu un certain Rone et d’autres gardes pénitentiaires frapper jusqu’à le tuer un jeune nigérian, et je sais que ce que le monde a vu, révulsé, à Guantanamo sur une île de non-droit, existe bel et bien au Sénégal.

J’avertis

Tenez: j’avertis toutes les organisations des droits de l’homme dignes de ce nom, Amnesty International, l’ONU, la Cedeao, le comité pour la protection des journalistes, toutes les chancelleries et les journalistes méritant de porter encore cette noble profession et, bien sûr, les amis des réseaux sociaux.
Je les avertis: mon pays est un État voyou. Il est temps de penser à arrêter et juger Macky SALL et tous ceux qui le poussent dans ses inhumaines dérives d’autant plus excessives qu’ils sentent leur fin venir, en bêtes blessées.

J’avertis parce qu’il m’est revenu aussi que mes illégaux geôliers regrettent de ne pas m’avoir…torturé. Gravissime !

Qu’un journaliste me le dise sans en mesurer l’énormité m’a poussé à faire cette alerte matinale pour que les bêtes détraquées à la tête d’un Sénégal en déchéance soient immédiatement remises à leur place.

Je reviendrai au Sénégal mais que ce soit clair ce n’est pas pour y subir quelque autre acte arbitraire ni subir les torturés criminelles d’un pouvoir qu’il faudra affronter par tous les moyens afin que le Sénégal redevienne doux et vivable…

Je n’attendrai pas d’être un Jamal Kashogghi, découpé en rondelles pour guetter ce que le monde cherche à savoir sur le Guantanamo émergent: ce Sénégal rebaptisable Seneguantanamo !

Au paradis on ne torture pas. Le Sénégal n’est plus qu’un enfer !

Ps: Nous pouvons être fiers d’avoir empêché la vente de nos blocs d’hydrocarbures, c’est une éclatante victoire. Je suis honoré d’avoir été à la pointe de ce combat victorieux !”

ADAMA GAYE

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