Hommage Doudou Ndiaye Coumba Rose, 4 ans après : Ses enfants refusent l’oubli

Quatre ans après sa disparition, les héritiers du tambour major craignent que son nom ne tombe dans l’oubli. En conférence de presse ce mercredi, son fils Birame Ndiaye Rose s’est désolé qu’hormis une place à la Medina où il est né, aucun édifice ou avenue ne porte le nom du tambour major Doudou Ndiaye Coumba Rose.

Le 19 août 2015, disparaissait le tambour major Doudou Ndiaye Coumba Rose. Quatre années plus tard, sa famille se bat pour maintenir vivace la mémoire de ce prodige du tam-tam. Mais regrettent ses héritiers, les autorités n’ont encore rien fait pour immortaliser la mémoire du grand griot. Face à la presse ce mercredi, son fils Birame Ndiaye Rose a relevé que, hormis la place qui porte son nom à la Médina, aucune rue ou avenue du pays ne lui rend hommage. Pourtant, souligne-t-il, le Président Macky Sall avait fait la promesse de donner le nom du tambour major au Grand Théâtre.

«Nous nous battons contre l’oubli. Parce que notre père a beaucoup fait et il n’est pas normal qu’on l’oublie. Ici à Dakar, des rues portent des noms d’Occidentaux que personne ne connait, alors qu’il y a des Sénégalais qui méritent ce privilège», dénonce le fils de son père en langue wolof. Mieux, souligne-t-il, le projet d’école de percussions, de danse et d’art, porté par Doudou Ndiaye Rose de son vivant, est toujours en veilleuse. «Nous ne demandons qu’un terrain à l’Etat. Le reste, avec nos partenaires, nous pourrons faire ce qu’il faut pour que cette école voie le jour», explique Birame Ndiaye Rose.

Avant sa disparition, Doudou Ndiaye Coumba Rose avait coutume d’exprimer son refus pour tout hommage posthume qui lui serait dédié. Aujourd’hui, son fils reprécise cette assertion. Selon Birame Ndiaye, son défunt père s’adressait justement à toutes ces personnes qu’il avait sollicitées pour la mise en œuvre de son projet d’école et dont le soutien s’était fait attendre.

«Mon père ne nous a jamais interdit de lui rendre hommage. C’est tout à fait logique même qu’on le fasse», précise-t-il.
Pour ce grand évènement prévu au Grand Théâtre le 16 août prochain, un film réalisé par Hamady Biagui et produit par son petit-fils Mor Coumba Ndiaye Rose, sera projeté. Sur la vie de, évoque le parcours du tambour major né un 28 juillet 1930 au cœur de la Médina.

Dans une notice fournie par les organisateurs, l’on apprend que dès le 4 avril 1960, date de l’indépendance du Sénégal, Doudou Ndiaye Coumba Rose se fait remarquer en jouant devant le Président Senghor, dans un stade et accompagné de 110 tambourinaires. Jusqu’à sa mort, Doudou Ndiaye Rose est resté fidèle à ce rendez-vous en animant la prestation des majorettes du Lycée John Fitzgerald Kennedy. Son héritage est aujourd’hui porté par ses enfants et petits-enfants. Et vendredi prochain, ce sont 500 batteurs qui attendront les invités pour rendre hommage au tambour major, annonce son fils Birame.
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