Sécurité alimentaire : Les impacts négatifs de la farine de poisson

Santé menacée
Les acteurs de la pêche artisanale travaillent à la mise en place d’un réseau sous-régional de lutte contre l’implantation d’usines de farine de poisson, pour une gestion durable des ressources halieutiques, a-t-on appris au cours d’une journée de partage d’un rapport de l’Ong Greenpeace Afrique consacrée à cette problématique. Intitulée « Poisson détourné », cette étude présentée jeudi dernier à Mbour, porte sur les impacts négatifs de l’industrie de la farine et de l’huile de poisson sur la sécurité alimentaire.
Plaidoyer
Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Stolen fish » (Poisson volé, en anglais), Greenpeace Afrique vise à alerter l’opinion politique nationale, régionale et internationale sur les risques que les usines de farine de poisson font peser sur la sécurité alimentaire, l’emploi et la biodiversité au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie. « Nous essayons de voir quelle est la meilleure stratégie à mettre en œuvre pour travailler davantage dans la gestion durable des ressources, mais aussi pour soulager le sous-secteur de la transformation artisanale des produits issus de la mer, qui est menacée par l’implantation des usines de farine de poisson », a expliqué Abdoulaye Ndiaye, chargé des campagnes océans au niveau du bureau de Dakar de Greenpeace Afrique.
Sensibilisation
Greenpeace mise sur le fait que le partage dudit rapport devrait contribuer à consolider son partenariat avec les communautés de pêche et à harmoniser les différentes positions sur la stratégie mise en place pour lutter contre les usines de farine de poisson. La stratégie arrêtée consiste à notamment à travailler à sensibiliser les premiers utilisateurs des petits pélagiques sur la question de la protection des ressources, des métiers de la pêche et de la transformation artisanale menacés par l’activité des usines de farine de poisson.
L’Etat interpellé
Pour Abdoulaye Ndiaye, « tous ceux qui gravitent autour de la pêche artisanale devraient se mobiliser et se mettre au-devant de la scène pour mener ce combat qui, en réalité, est le leur, dans la mesure où c’est la survie de leurs activités qui est gravement menacée ». « Les Etats aussi devraient prendre leurs responsabilités, parce que ce sont eux qui ont en charge la sécurité alimentaire de leurs populations. Aujourd’hui, sans des ressources halieutiques durables, on ne sait même pas ce qui va arriver à nos populations », a dit M. Ndiaye.
Rationalisation des accords de pêche
« Nous attirons l’attention de nos Etats pour leur signaler qu’ils ont l’obligation d’assurer une gestion durable des ressources et que ce n’est pas en distribuant des accords et des autorisations de pêche à qui veut qu’on va gérer durablement les ressources halieutiques », a insisté le chargé des campagnes océans à Greenpeace Afrique. Cette dernière promet ainsi d’accompagner les acteurs et communautés de pêche pour leur permettre d’agir « dans une synergie d’actions », impliquant les acteurs gravitant autour de la pêche, du mareyage et de la transformation artisanale des ressources halieutiques.
Mémorandum
La journée de partage a par ailleurs, permis d’élaborer, « de manière collégiale », une demande d’audience et un draft de mémorandum pour les femmes transformatrices et autres organisations de pêcheurs, à remettre à la ministre sénégalaise des Pêches et de l’économie maritime.

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