À l’ONU, Emmanuel Macron appelle les Etats-Unis et l’Iran à reprendre les négociations

“La paix est à la merci d’un incident qui dégénère et les conséquences sur la région et au-delà seraient trop graves pour nous résoudre à vivre ainsi au bord du gouffre”, a dit le président français
Le président français Emmanuel Macron a appelé mardi les Etats-Unis et l’Iran à reprendre des “négociations” pour éviter le “risque d’embrasement” dans le Golfe. “Plus que jamais le temps est à la reprise des négociations entre les Etats-Unis d’Amérique, l’Iran, les signataires du JCPOA (accord sur le nucléaire iranien) et les puissances de la région concernées au premier titre par la sécurité et la stabilité de celle-ci”, a-t-il déclaré à la tribune des Nations Unies.
“Les objectifs de ces négociations doivent être d’abord la pleine certitude que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire, ensuite une sortie de crise au Yémen, troisièmement un plan de sécurité régionale intégrant les autres crises de la région et la sécurité des flux maritimes, enfin une levée des sanctions économiques”, a-t-il proposé. “Je n’ai aucune naïveté et je ne crois pas au miracle, mais au courage de bâtir la paix et je sais que les Etats-Unis, l’Iran, que tous les signataire de cet accord ont ce courage”, a-t-il assuré.
Les tensions militaires se sont exacerbées dans la région cette année. En juin, la destruction d’un drone américain par l’Iran avait déjà fait craindre une escalade. Après les frappes du 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, “le risque est celui de l’embrasement, sur la base d’une erreur de calcul ou d’une réponse non-proportionnée”, a martelé Emmanuel Macron. 
“La paix est à la merci d’un incident qui dégénère et les conséquences sur la région et au-delà seraient trop graves pour nous résoudre à vivre ainsi au bord du gouffre”, a-t-il averti. Les Européens ont rejoint les Etats-Unis et l’Arabie saoudite pour attribuer la responsabilité de cette attaque à l’Iran, ce que Téhéran dément.
Pour le président français, faute de perspective de solution diplomatique, “la stratégie de pression (américaine) sur l’Iran ne pouvait conduire qu’à l’accroissement des tensions dans la région”. “A la stratégie américaine et la volonté européenne, russe et chinoise de préserver l’accord de Vienne de 2015, l’Iran a répondu par une pression maximale sur son environnement régional”, a-t-il déploré. “La montée des tensions fut ces derniers mois constantes et les attaques du 14 septembre contre l’Arabie saoudite ont changé la donne”, a-t-il réaffirmé.

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