Brésil: avec les incendies de forêt, à Porto Velho les habitants suffoquent

Dans le nord du Brésil, les pompiers continuent de combattre les feux dans la forêt amazonienne. Le président brésilien Jair Bolsonaro a signé jeudi un décret qui interdit les brûlis agricoles pendant soixante jours pour tenter de freiner la multiplication des incendies. Parmi les Etats les plus touchés celui de Rondônia, à la frontière bolivienne. Reportage.

Dans cet Etat de Rondônia, l’intensité des feux a baissé mais de la fumée couvre encore le ciel de Porto Velho. Les pompiers combattent toujours les brasiers qui persistent et tentent d’éviter que de nouveaux foyers ne soient allumés.

Dans les rues de la capitale du Rondônia, on ressent la tension sociale et politique qui règne actuellement au Brésil. Les pompiers comme les chercheurs de l’Institut environnemental public ont interdiction de s’adresser officiellement aux journalistes. Les membres d’organisations de défense de l’environnement et des peuples indigènes dénoncent les menaces qu’ils subissent de la part des soutiens du gouvernement de Bolsonaro.

Aux urgences de Porto Velho

Aux urgences de l’hôpital de Porto Velho, beaucoup d’enfants et de personnes âgées sont reçues pour des problèmes respiratoires. Dans le couloir de l’hôpital, une rangée de sièges surplombée de masques à oxygène. Vitorio vient s’y asseoir, chemise à carreaux et chapeau de cowboy sur la tête. Des problèmes respiratoires ont poussé le vieil homme à la peau tannée à quitter ses champs. « Ça fait plus d’une semaine que j’ai une espèce de grippe, nous raconte t-il. Je ne peux même plus travailler, il y a trop de fumée. J’ai la voix enrouée maintenant, elle ne l’était pas avant.»

La conversation sera de courte durée, un infirmier recouvre le visage de Vitorio d’un masque à oxygène.

Chaque été, Roberto voit ce type de patient défiler. « Cette année particulièrement nous avons reçu plus de cas de problèmes respiratoires, des cas plus graves. Des patients très jeunes que nous avons du intuber avec un risque de mort immédiate. C’est quelque chose qu’on avait pas vu les années précédentes. L’air est plus sec et il y a plus de fumée puisqu’il y a plus de feux. Pourtant on pourrait penser que plus vous vivez proche de la nature, meilleure est la qualité de votre air. Mais ici, en Amazonie, les gens ont des problèmes respiratoires or ça devrait être le contraire. »

L’infirmier nous confie le sentiment d’abandon d’une grande partie de la population. Selon lui la situation est récupérée par les responsables politiques mais il craint qu’aucune mesure de prévention durable ne soit prise pour mettre fin à ce drame de la déforestation qui dure depuis des années. Il souhaite aussi que les habitants de Porto Velho cesse d’être les victimes directes de la déforestation.

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