Débat sur l’immigration : Agnès Buzyn défend fermement le principe de l’aide médicale d’Etat

French Health and Solidarity Minister Agnes Buzyn delivers a speech during a debate about the immigration policy of France at the National Assembly in Paris, on October 7, 2019. / AFP / Alain JOCARD

Si la ministre de la santé a rappelé l’impératif de l’accès aux soins au cours du débat sur l’immigration lundi à l’Assemblée, elle a aussi annoncé le déploiement d’un « plan de lutte contre les fraudes ».

C’est sûrement la ministre qui était la moins acquise à la cause du débat sur l’immigration, voulu par le président de la République. C’est pourtant celle qui a le plus détaillé, lundi 7 octobre, devant l’Assemblée nationale, les pistes sur lesquelles l’administration planchait en matière de soins aux étrangers. A côté, Jean-Yves Le Drian et Christophe Castaner se sont contentés de brosser de manière très générale leurs ambitions pour œuvrer à la « maîtrise des flux » migratoires.

Face aux députés, Mme Buzyn a d’abord longuement rappelé les principes auxquelles elle est attachée, au premier titre duquel « le droit à la santé pour tous ». « On ne laisse pas des gens périr parce qu’il leur manque le bon tampon sur le bon document », a t-elle résumé. Elle a aussi balayé sèchement les polémiques qui avaient pu fleurir en amont du débat sur les abus de l’aide médicale d’Etat(AME), cette protection sociale destinée à prendre en charge un panier de soins réduit pour les étrangers en situation irrégulière sur le territoire. « Cure thermale, PMA, médicament à service médical rendu faible, ne sont pas pris en charge par l’AME (…). Les soins à visée esthétique ne sont évidemment pas pris en charge par l’AME », a t-elle rappelé.

Pas de participation financière

Au-delà de ces rappels factuels et de principe, la ministre n’en a pas moins annoncé le déploiement d’un « plan de lutte contre les fraudes ». « Dès la fin de l’année, les caisses d’assurance-maladie auront accès à la base Visabio [fichier européen des visas] du ministère de l’intérieur pour identifier les demandeurs dissimulant un visa et n’ayant pas vocation à bénéficier de l’AME. »

lemonde.fr