Destitution: la Chambre des représentants vote la mise en accusation de Trump




Le vote de la Chambre des réprésentants a eu lieu dans la soirée et comme prévu Donald Trump a été inculpé d’abus de pouvoir et d’obstruction au Congrès. Il est le troisième président de l’histoire des États-Unis à être mis en accusation.

Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

La Chambre des représentants a débattu pendant six heures des deux articles de l’acte d’accusation du président américain : abus de pouvoir et obstruction du congrès. Avant de finalement rendre son verdict qui ne faisait aucun doute, les démocrates étant majoritaires à la Chambre.

La Chambre des représentants a adopté, avec 230 voix pour, 197 contre et une abstention, selon des lignes quasi strictement partisanes, le chef « d’abus de pouvoir » contre le milliardaire républicain. Le chef d’accusation d’entrave au travail du Congrès, en raison du refus de Trump, de participer à l’enquête en destitution le visant, a quant à lui été adopté avec 229 voix pour, 198 contre et une abstention.

Une menace pour la démocratie selon Nancy Pelosi

Lorsque Nancy Pelosi a ouvet solennellement le débat elle a évoqué la menace que fait peser Donald Trump sur la démocratie. La cheffe de la majorité démocrate à la Chambre s’est dit attristée. « Il est tragique que les actions du président rendent cette procédure nécessaire », a-t-elle déclaré. La tristesse de ce jour, c’est bien le seul consensus autour duquel républicains et démocrates sont rassemblés.

Les républicains dénoncent avec fougue une procédure viciée, un canular comme le dit le président, les démocrates eux, évoquent plus souvent le fond de dossier. « Il a sans cesse encouragé des acteurs étrangers à interférer dans nos élections. Il a tordu le nez aux pouvoirs du congrès. Assez, cela suffit ! », a lancé George Butterfield, élu de Caroline du Nord.

Un procès au Sénat

Après quelques tweets rageurs postés avant le vote, le président a lui quitté Washington sans un mot pour la presse. Il a réservé ses premiers commentaires à ses partisans qu’il a rejoint pour un meeting dans le Michigan. « Pendant que nous créons des emplois et que nous nous battons pour le Michigan, la gauche radicale au Congrès est rongée par l’envie, la haine et la rage, vous voyez ce qu’il se passe », a-t-il lancé là ses partisans réunis dans la ville de Battle Creek. « Les démocrates essayent d’annuler le vote de dizaines de millions d’Américains », a-t-il ajouté.

Le président américain est donc le troisième après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998 a être renvoyé en procès devant le Sénat. Il appartiendra désormais aux sénateurs de juger Donald Trump, sans doute en janvier. Les républicains, qui contrôlent la chambre haute, ont déjà prévenu qu’ils avaient la ferme intention d’acquitter leur président.