En France, le Sénat vote l’interdiction du voile lors des sorties scolaires

Sans surprise, le Sénat français a voté ce mardi 29 octobre l’interdiction du port de signes religieux, notamment du voile, par les parents accompagnant des sorties scolaires. Une proposition de loi déposée en juillet dernier par la droite qui dispose de la majorité dans la chambre haute.

L’examen du texte est intervenu dans un contexte explosif au lendemain de l’attaque menée contre la mosquée de Bayonne par un ancien candidat du Front national. À tel point que certains avaient demandé à ce que le texte soit retiré. Hors de question, avait répondu le patron des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau.

Bruno Retailleau voulait que le débat se tienne dans l’Hémicycle, sinon, c’est dans la rue qu’il aurait lieu, avait expliqué le patron du groupe LR. Mais au Sénat, on s’est souvent cru au café du commerce. Le rapporteur du texte a eu beau insister pour qu’il ne soit question que de l’école et des religions en général. Certains élus ont parlé du burkini, d’Eric Zemmour, de Charlie Hebdo et surtout quasi exclusivement du voile.

La sénatrice Samia Ghali, ex-PS, dénonce un débat « hystérique » autour d’un texte « inutile » :

« Il faut l’appeler une loi anti-musulmans pas une loi interdisant le voile. Au vu des arguments qu’ils avancent, oui, c’est une loi politicienne de la droite qui court après des voix qu’elle a perdues au profit du Front national. Mais je trouve la ficelle grosse et dangereuse. C’est presque une corde. Une corde avec laquelle ils vont se pendre parce que c’est une partie de la France que l’on rejette. »

À droite, certains ne s’en cachent pas : avec ce texte, ils ont bien un autre but, mais pas celui que critique la gauche.

« De toute façon, pour être très franc, il ne passera pas à l’Assemblée, donc on n’a pas d’illusion sur l’application. Mais il faut interpeller le président de la République. Il faut que le président de la République fasse vraiment un travail sur lui-même. Sa définition de la laïcité est à géométrie variable », souligne le sénateur Roger Karoutchi.

Et pour continuer à mettre le président et sa majorité dans l’embarras, Bruno Retailleau veut une commission d’enquête parlementaire sur l’islam radical et l’interdiction des listes communautaires aux municipales.

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