En pleine crise sociale, la Présidente de la RATP s’offre une augmentation de 50 000 euros/an

En plein mouvement social à la RATP, Catherine Guillouard a bénéficié d’une revalorisation salariale de 50 000 euros annuels. Des responsables politiques se sont dits choqués, tandis que l’entreprise et le ministère tentent de se justifier.

A quelques jours d’un nouvel épisode du mouvement social de grande ampleur à la RATP, voilà une nouvelle qui ne devrait pas apaiser les tensions, alors que doit être prochainement discuté le projet de loi de réforme des retraites. Le 15 novembre, visitant un site de maintenance, la PDG de la régie parisienne, Catherine Guillouard, a été interpellée par un syndicaliste sur sa récente augmentation salariale. En effet, celle qui avait été reconduite durant l’été pour cinq années s’est vue offrir une très belle revalorisation salariale, passant de 300 000 euros annuels à 350 000, soit une augmentation de 12,5%. En plus de cette somme, une prime de 100 000 euros maximum est prévue en cas de bons résultats de l’entreprise. Catherine Guillouard, qui a succédé à Elisabeth Borne (entrée au ministère des Transports après l’élection d’Emmanuel Macron) a tenté de se justifier. «Est-ce que vous trouvez normal que le président de la RATP, dont la rémunération n’avait pas été revue depuis 2010, gagne moins que le patron de Keolis [filiale de la SNCF] ?», a-t-elle fait valoir.

Dans le même temps, Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat aux Transports, venu rencontrer des salariés de la RATP a précisé que la «rémunération de la PDG de la RATP est totalement publique et colle à ce qui se pratique dans les entreprises publiques d’une manière générale». La RATP a également souligné que la rémunération de la PDG n’avait pas été augmentée depuis 2010 et qu’elle ne le serait plus durant les cinq prochaines années. La régie a observé que cette hausse de salaire était «similaire voire inférieure à l’augmentation moyenne des salaires à la RATP».

Une «indécence totale»

Les réactions des représentants politiques ne se sont pas faites attendre. Sur Twitter, le député de l’Essonne et président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan a mis en lumière ce qu’il considère être une augmentation «scandaleuse». «A-t-elle amélioré le quotidien des voyageurs pour mériter une telle faveur ? Evidemment non, le trafic est un enfer de tous les jours !», a-t-il tempêté.

Même son de cloche chez Bastien Lachaud, député La France insoumise de Seine-Saint-Denis, qui a lui aussi réagi sur le réseau social se plaignant de la qualité du trafic : «Honteux ! Retards incessants, accessibilité nulle, escaliers en panne, agents précaires mais comprenez madame bouclait pas ses fins de mois !»

Danielle Simonet, élue du XXe arrondissement de la capitale a fustigé, toujours sur Twitter, une «caste» dirigeante qui «se moque totalement de nous». «Le métro est bondé, pollué et l’urgence pour le gouvernement et la RATP c’est d’augmenter le salaire de la patronne de la RATP de 12,5 % ?», a-t-elle questionné.

Le «plan de performance», présenté au printemps dernier, qui prévoit la suppression d’environ 1 000 emplois, sans licenciement, a instauré un climat tendu au sein de l’entreprise, phénomène auquel s’est agrégée la contestation sur le projet de réforme des retraites. Après une première journée de mobilisation le 13 septembre, plusieurs syndicats ont lancé un mouvement de grève illimité qui débutera le 5 décembre.

Enfin, Thomas Portes, responsable national du collectif des cheminots du Parti communiste français, a évoqué, sur le même réseau social, une «indécence totale»

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