F. Hollande souhaite supprimer le poste de Premier ministre pour renforcer le Président

Le prédécesseur d’Emmanuel Macron a écrit dans un nouvel ouvrage vouloir chambouler les institutions de la Ve République, prônant notamment un régime hyper-présidentiel, sans Premier ministre.

L’ancien président François Hollande plaide pour la mise en place d’un «véritable régime présidentiel, avec suppression du Premier ministre et pouvoirs accrus pour le Parlement, sorte de «Ve République bis», dans son livre «Répondre à la crise démocratique» qui sortira mercredi.

«Qui peut nier le malaise qui s’est installé dans la démocratie?», écrit M. Hollande dans la préface de cet ouvrage, court mais dense, publié par Fayard, qui se présente sous la forme d’un long dialogue avec le think tank Terra Nova.

«Pour y faire face, chaque président a cru pouvoir moderniser nos institutions» mais toutes les évolutions n’ont pas «véritablement réduit le malaise dans la démocratie», poursuit-il.

Lui voit «deux réponses» à cette crise: une «institutionnelle», une autre «politique». «Nos institutions sont de moins en moins capables de répondre aux aspirations» des Français, souligne-t-il dans un entretien à l’AFP. «Le président a un pouvoir exhorbitant», au contraire des assemblées dont «les capacités de contrôle (de l’exécutif) sont réduites. Le Premier ministre ne protège plus depuis longtemps le chef de l’État, en qui les Français voient toujours le responsable de tout».

«Le quinquennat a une part de responsabilité dans cette décomposition», écrit également l’ancien président, qui propose d’allonger d’une année la durée du mandat présidentiel, six ans renouvelables une fois, et de réduire à quatre ans celui des parlementaires.

Dans une interview au Parisien, publiée lundi sur son site, M. Hollande propose également «de rapprocher toutes les élections locales en un seul mandat». Ces réformes pourront «donner du rythme à la démocratie», et permettre «aux citoyens d’être consultés dans le cours du mandat présidentiel», ajoute-t-il auprès du quotidien.

Avec cette réforme, «le président ne nomme plus un Premier ministre mais une équipe dont il est le chef» et, «en revanche, puisque le gouvernement n’est plus responsable devant l’Assemblée nationale, le président perd son droit de dissolution». Et l’article 49.3, qui permet de faire passer des projets de loi sans vote au Parlement, «n’a plus de raison d’être».

En échange, «le Parlement verrait son rôle accru, notamment sur le plan législatif et budgétaire». Son pouvoir d’investigation, d’évaluation et d’initiative serait élargi, les contraintes pesant sur le droit d’amendement levées et la procédure législative allégée et raccourcie.

Autre proposition: la possibilité de «référendum d’initiative exclusivement parlementaire».

Ces transformations ne pourraient toutefois éviter une éventuelle cohabitation entre un président et une assemblée hostiles. «Elle ne se situerait pas au sein de l’exécutif», argue M. Hollande, «mais entre l’exécutif et le législatif, le conflit ne pourrait alors se régler autrement que par le compromis».

«Les institutions réformées comme je le propose conduiraient les partis à reprendre une place importante dans le débat public», souligne-t-il. «Il faut revenir à des familles politiques qui suscitent l’espoir», estime également M. Hollande, qui se prononce «contre la proportionnelle».

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