G7 Biarritz/Afrique: l’Occident très présent sur le continent africain, et l’Afrique invisible dans le monde

Le président rwandais Paul Kagamé et le président français Emmanuel Macron au G7 à Biarritz en France

Le  a déçu plus d’un pays africain. Le sommet a d’abord été très apprécié à cause de l’invitation par le président français Emmanuel Macron de cinq chefs d’État africain, à savoir le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le président rwandais Paul Kagamé, le président burkinabé Christian Roch Kaboré, le président Cyril Ramaphosa de l’Afrique du Sud et le président du Sénégal Macky Sall.

Mais à la fin de ce sommet, beaucoup de médias africains ont dénoncé l’hypocrisie des puissances occidentales concernant l’Afrique, en ajoutant que les présidents africains étaient surtout là pour « meubler le décor ».

« Voilà pour les bonnes intentions françaises ! » commente un journal burkinabé. « La triste réalité, c’est que l’Afrique, qui participe à environ 5 % du commerce mondial, a de la peine à se faire entendre sur ses problèmes spécifiques relatifs au changement climatique, aux évasions fiscales orchestrées par les multinationales, au chômage, à l’insécurité, etc. 

Le Pays, toujours au Burkina, hausse le ton : « Les riches ne s’intéressent aux pauvres que par acquit de conscience […]. Les cinq présidents africains invités à ce sommet l’ont été juste pour meubler le décor », dénonce le quotidien ouagalais.

« En tout cas, on souhaiterait être démenti par les conclusions auxquelles parviendra cette rencontre en rapport avec les préoccupations de l’Afrique. Ce sont elles qui nous indiqueront si, oui ou non, le G7 est véritablement solidaire de l’Afrique. Tous les discours d’apitoiement qui y seront prononcés relèvent de la diversion et de l’hypocrisie », ajoute-t-il.

« L’Afrique n’est pas une exception et nous devons nous mettre au défis. Dieu en qui nous croyons n’a pas créé des peuples pour en faire des serviteurs des autres. Et je me battrai pour que mon peuple ne soit pas un serviteur. Et quand je parle de peuple, ce n’est pas seulement les rwandais c’est l’Afrique. » PAUL KAGAME.

Le G7 a l’obligation morale et politique de poser des actes concrets et observables pour sauver le Sahel [du terrorisme]. Il doit d’autant plus le faire que les malheurs actuels du Sahel sont une des conséquences du chaos que certains de ses membres ont contribué à installer en Libye [suite à l’intervention militaire occidentale de 2011]. »

Ce sommet a reflété la pensée occidentale concernant l’Afrique. Un continent encore invisible aux yeux du monde, alors que toutes ces mêmes puissances mondiales continuent de vouloir mettre la main sur le continent, notamment avec le projet de recolonisation de l’Afrique du gouvernement américain. Une présence de plus en plus accrue des Occidentaux qui contraste avec une image de plus en plus invisible de l’Afrique aux yeux du monde.

La réalité est qu’il est beaucoup plus bénéfique de faire passer l’Afrique pour un continent qui a absolument besoin de l’Occident pour se développer et ne peut en aucun cas se passer des Occidentaux. Ce qui est faux, beaucoup ont déjà prouvé le contraire, notamment le Burundi ou encore la Guinée équatoriale, qui tiennent tête face à l’Occident.

Une réticence est née depuis des décennies à l’égard de la présence française en Afrique. Les populations sont de plus en plus enclines à passer du côté de la résistance contre le néocolonialisme plutôt que de se laisser faire. Le fait que les médias africains s’expriment de la sorte concernant le G7 à Biarritz est le reflet de la vision africaine sur les agissements des Occidentaux. Ces médias relayent les propos et pensées de bon nombre d’Africains aussi bien sur le continent que les diasporas qui vivent en Occident. Cette pensée est bel et bien une pensée qui montre la résistance des populations africaines, et que le temps ­des manipulations de masse avec des discours de l’Élysée, de la Maison-Blanche, de la Bundestag, ou autres, qui tentent à endormir les esprits de la population africaine, ne fonctionnent plus. Cette ère est révolue, et il est temps que l’Occident le comprenne.

Par RSA Avec Presstv