George Floyd / Adama Traoré: Après les USA, la France ?




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La tension est montée dans la soirée du 2 juin, lors de la manifestation en hommage à Adama Traoré, des gaz lacrymogènes ont été tirés pour retenir la foule. Selon BFM TV, plus de 20.000 personnes étaient présentes au rassemblement.

Des milliers de manifestants contre les violences policières étaient rassemblés devant le tribunal à Paris, en dépit de l’interdiction de rassemblement prise par le préfet de police. Il s’agissait de plus de 20.000 personnes dans la soirée, a indiqué BFM TV.

Des tirs de gaz lacrymogènes ont été constatés par le correspondant de Sputnik présent sur place. Des jets de projectiles ont été également évoqués sur les réseaux sociaux.

Les manifestants sont descendus dans la rue avec des pancartes indiquant «Black lives matter» («les vies des Noirs comptent») et «Let us breathe» («laissez-nous respirer») à l’appel du comité de soutien à la famille d’Adama Traoré, jeune homme noir de 24 ans mort en 2016 après son interpellation.

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L’affaire Adama Traoré tourne de plus en plus à une bataille d’expertises judiciaires et médicales. L’enjeu? Tenter d’établir les causes du décès de ce jeune homme de 24 ans, le 19 juillet 2016, un jour de canicule, dans la caserne des gendarmes de Persan, près de deux heures après son arrestation dans sa ville de Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise). Après avoir échappé à une première interpellation, il avait été interpellé au terme d’une course-poursuite, dans la maison où il s’était caché.

Selon nos informations, une nouvelle expertise – la quatrième et la deuxième privée – valide la thèse d’une asphyxie au cours de l’immobilisation, scénario que soutient depuis le départ la famille d’Adama Traoré. C’est justement elle qui a mandaté un professeur de médecine avec pour mission de se pencher sur une contre-expertise judiciaire médicale en date du 24 mars qui disculpait les gendarmes. Or, ce professeur de médecine parisien a une tout autre analyse des faits.

Ce spécialiste des maladies systémiques, qui a travaillé sur les pièces du dossier, devait répondre à six questions liées à la mort du jeune homme. De son analyse, il retient le scénario physiopathologique : « Le décès fait suite à un syndrome asphyxique, qui fait suite à un œdème cardiogénique », écrit-il dans ses conclusions du 2 juin. Selon ce professeur, cet œdème fait lui-même suite « à une asphyxie positionnelle par le plaquage ventral » qui a entraîné « la mise en position corporelle entravant l’échange normal de gaz et avec l’impossibilité de se libérer de cette position ».

Une expertise validée par des médecins spécialistes

Toujours dans ses conclusions, l’expert indépendant n’identifie aucune autre cause du décès. Surtout, il se prononce en faveur d’une mort « faisant suite à un syndrome asphyxique par plaquage ventral ». Un scénario qui met en avant les conditions de l’interpellation et de l’immobilisation d’Adama Traoré.

médecine interne d’un prestigieux hôpital parisien. Les conclusions de ce rapport sont très claires : le décès d’Adama Traoré résulte du plaquage ventral exercé par les trois gendarmes, réagit Me Yassine Bouzrou, avocats de la famille du jeune homme. À ses yeux, cette expertise indépendante a « la même valeur probante » que les expertises ordonnées par la justice. « Ce rapport a été versé au dossier d’instruction, il est donc contradictoire, conformément à la loi », ajoute le pénaliste.

Enfin, Me Bouzrou estime que « contrairement aux experts désignés par les juges », les médecins indépendants qui ont réalisé les contre-expertises sont « tous spécialistes des maladies évoquées dans le dossier ». L’avocat soutient que compte tenu de leurs compétences, leurs « conclusions s’imposent face à celles qui excluent le plaquage ventral comme cause de la mort d’Adama Traore. » Rappel dans ce dossier, deux expertises judiciaires ont déjà écarté la responsabilité des gendarmes.

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