Impeachment: l’envoyé spécial de Donald Trump en Ukraine démissionne alors que la crise s’aggrave

L’administration Trump tiendra-t-elle ? La Maison Blanche ressort fragilisée par la démission de Kurt Volker, l’envoyé spécial de Donald Trump en Ukraine, indique le New York Times. Son départ intervient peu après l’enclenchement d’une procédure de destitution (« impeachment »), par les démocrates, cette semaine.

Kurt Volker doit être auditionné par la Chambre des représentants, la semaine prochaine. Son nom apparaît dans le témoignage du lanceur d’alerte, un agent du renseignement américain, qui est à l’origine de la procédure de destitution visant Donald Trump.

L’ancien envoyé spécial de Donald Trump en Ukraine aurait organisé un rendez-vous entre l’avocat personnel du président américain, Rudolph Giuliani et un proche du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Si l’homme de loi du président américain « est le personnage central de ces manœuvres », indique le lanceur d’alerte dans sa plainte, le ministre de la Justice William Barr est peut-être « aussi impliqué dans l’affaire », assure-t-il.

Lors d’un entretien le 25 juillet, Donald Trump a demandé plusieurs fois à son homologue ukrainien d’ouvrir une enquête sur Joe Biden et son fils Hunter, qui fait des affaires en Ukraine. Une manière de faire pression sur son rival politique, favori de la primaire démocrate, alors que la présidentielle de 2020 approche.

Trois comités de conférence du Congrès (similaires à des commissions mixtes paritaires de l’Assemblée nationale) ont assigné le secrétaire d’Etat Mike Pompeo à remettre des documents liés à la polémique et concernant des contacts entre les responsables ukrainiens et américains.

Enjeux. Mis sur écoute, le président américain s’est emporté, jeudi 26 septembre, contre le lanceur d’alerte et sa source. « C’est presque un espion », a-t-il dit du premier. « Vous savez ce que l’on faisait par le passé, quand nous étions intelligents ? Pas vrai ? Les espions et la trahison, nous gérions cela d’une manière un peu différente qu’aujourd’hui », a-t-il surenchéri, en menaçant la « gorge profonde » en cause.

Plus gênant, l’administration Trump est accusée d’avoir tenté d’étouffer l’affaire en amont et de verrouiller les archives liées à l’appel téléphonique passé entre le président américain et son homologue ukrainien. Selon CNN, des tentatives similaires auraient eu lieu concernant des appels passés avec Vladimir Poutine et la famille saoudienne.

Pour autant, le président américain souhaite tirer un avantage de la polémique, d’autant que la procédure de destitution ne devrait pas passer le Sénat, où les Républicains sont majoritaires. Pour Donald Trump et son équipe, c’est un pari, la procédure d’impeachment devrait lui permettre de l’aider dans le cadre de la présidentielle, en se posant comme une victime des démocrates.

Ces derniers, qui ont aussi besoin d’apaiser leur aile gauche, espèrent bien tabler sur une lassitude des électeurs américains quant au « chaos » régnant à la Maison Blanche. Pour l’heure, l’équipe de campagne de Donald Trump assure avoir levé 5 millions de dollars dans les 24 heures qui ont suivi l’annonce de l’« impeachment ».

lopinion.fr

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