Israël : Netanyahu veut annexer les colonies de Cisjordanie

Le Premier ministre israélien a fait cette promesse samedi soir, à trois jours des élections législatives. Son adversaire a condamné ses propos.

Un appel du pied aux électeurs de droite. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré samedi soir prévoir l’annexion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée en cas de réélection, à trois jours de législatives qui pourraient s’avérer serrées face à son rival centriste Benny Gantz.

Dans un entretien sur la chaîne de télévision israélienne 12, le Premier ministre a été interrogé sur un éventuel projet d’annexer des colonies en Cisjordanie. Il a répondu que c’était bel et bien son intention. “J’appliquerai la souveraineté [israélienne] sans faire de distinction entre les [plus grands] blocs de colonies et les colonies isolées”, a-t-il déclaré.

LIRE AUSSI >> Israël : la dernière bataille de Netanyahou

Interrogé sur sa propre position dans le cadre d’une interview au site d’information Ynet, Benny Gantz, le meneur de la coalition centriste “Bleu-Blanc”, s’est demandé pourquoi Benjamin Netanyahu n’avait pas annexé la Cisjordanie “pendant les 13 années durant lesquelles il était au pouvoir”, si telle était son intention. “Je pense que s’exprimer sur un choix stratégique et historique dans le cadre d’une campagne électorale […] est irresponsable”, a-t-il ajouté, avant de se dire pour sa part opposé à toute décision “unilatérale”. 

Un viol “cynique” de la loi internationale

Benny Gantz, ancien chef d’état-major, a assuré que sa coalition ferait “tout

possible pour parvenir à un accord de paix régional et global tout en restant fidèles à […] principes”. Ces principes sont, selon lui la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain, dont une partie se trouve en Cisjordanie occupée, ainsi que sur les blocs d’implantations en Cisjordanie et l’ensemble de Jérusalem. Par le passé, Benny Gantz s’est déjà dit favorable à l’évacuation de certaines colonies. 

Un haut dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, a estimé que la déclaration de Benjamin Netanyahu n’était pas “surprenante”. “Israël va continuer à violer cyniquement la loi internationale aussi longtemps que la communauté internationale laissera l’État hébreu passer outre ses obligations en toute impunité, particulièrement avec le soutien de l’administration [américaine de Donald] Trump”, a-t-il dit sur Twitter.

Les colonies installées sur les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967 sont illégales au regard du droit international et une grande partie de la communauté internationale voit en elles un obstacle majeur à la paix. Leur annexion par Israël pourrait sonner le glas de la solution dite à deux États, c’est-à-dire la création d’un État palestinien qui coexisterait avec Israël. 

Que dira le plan de paix américain ?

À trois jours des élections, les propos du Premier ministre israélien semblent être un appel du pied aux électeurs de droite qui ne croient pas en la faisabilité de cette solution. 

Benjamin Netanyahu avait affirmé vendredi avoir dit à Donald Trump qu’Israël refuserait, dans le cadre d’un futur plan de paix avec les Palestiniens, de faire partir “ne serait-ce qu’une personne” des colonies en Cisjordanie occupée. Il a cependant expliqué douter que cela serait préconisé par le plan de paix américain, qui doit être proposé dans la foulée des législatives. “Et si [le plan propose le retrait des colonies], alors Israël n’y souscrira pas”, avait-il prévenu.

LIRE AUSSI >> Israël: comprendre la colonisation des territoires occupés

Plus de 400 000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie occupée, tandis que 200 000 autres habitent à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville sainte occupé et annexé par Israël. “Le maintien du contrôle

sur tout le territoire à l’ouest du [fleuve] Jourdain” est une autre condition israélienne avant la mise en place de tout plan de paix initié par les Américains, selon Benjamin Netanyahu. 

La Turquie dénonce des “déclarations irresponsables”

La Turquie a vivement dénoncé dimanche les “déclarations irresponsables” du Premier ministre israélien, y voyant une promesse électoraliste avant un scrutin législatif serré. “La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par Israël en violation du droit international. Les déclarations irresponsables du Premier ministre Netanyahu visant à récolter quelques voix juste avant des élections législatives (…) n’y changeront rien”, a déclaré le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu sur Twitter.

lexpress.fr

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.