La Corée du Nord refuse toute négociation sur le nucléaire avec les États-Unis





Dans un communiqué de son ambassadeur à l’ONU, la Corée du Nord a fustigé les Européens qui ont récemment dénoncé ses “tirs continus de missiles balistiques”. L’ambassadeur a précisé que la dénucléarisation n’était “plus sur la table des négociations” avec les États-Unis, renforçant les tensions entre l’Occident et la Corée du Nord.

Après que les Européens ont dénoncé mercredi les “tirs continus de missiles balistiques”, la Corée du Nord les a fustigés samedi dans un communiqué de son ambassadeur à l’ONU. Celui-ci ensuite ajouté que la dénucléarisation n’était “plus sur la table des négociations” avec les États-Unis.

Les membres européens du Conseil de sécurité de l’ONU avaient condamné mercredi “les tirs continus de missiles balistiques de la Corée du Nord”, et réaffirmé la nécessité de maintenir les sanctions contre ce pays.

La Belgique, l’Estonie (membre à partir de janvier), la France, l’Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni avaient aussi dénoncé la poursuite du programme nucléaire nord-coréen, dans une déclaration publiée après une réunion à huis clos du Conseil de sécurité tenue à leur demande. Les Européens avaient relevé que Pyongyang avait procédé à 13 tests de missiles balistiques depuis mai, dont le dernier le 28 novembre.

“Encore une provocation grave contre la Corée du Nord”

“C’est encore une provocation grave contre la Corée du Nord”, alors qu’elle exerce “son droit à renforcer ses capacités nationales de défense”, a réagi samedi dans un communiqué l’ambassadeur nord-coréen Kim Song.

“Alors que ces six pays européens créent beaucoup de problèmes à jouer ces derniers mois le rôle de chien de garde des États-Unis, on ne peut que se demander ce qu’ils y gagnent en échange”, affirme-t-il.

Évoquant la “paranoïa” des Européens et “la politique hostile” de Washington, Kim Song indique que son pays “n’a pas besoin maintenant d’avoir de longues discussions avec les États-Unis alors que la question de la dénucléarisation n’est plus sur la table des négociations”

Dans un communiqué, Kim Song affirme que le “dialogue durable et substantiel” réclamé par les États-Unis n’est qu’une “manoeuvre dilatoire” liée au calendrier de la politique intérieure américaine, en référence à l’élection présidentielle de novembre 2020 aux États-Unis.

Le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un se sont rencontrés à trois reprises
depuis juin 2018 mais peu de progrès ont été enregistrés dans les discussions au sujet d’un démantèlement du programme nucléaire de la Corée du Nord en échange de concessions des États-Unis.

Des discussions sur le nucléaire dans l’impasse

Les deux pays ont même renoué cette semaine avec la rhétorique hostile qui avait marqué l’année 2017. La Corée du Nord a fait savoir qu’en l’absence de concessions américaines avant la fin de l’année, elle pourrait s’engager sur une “voie nouvelle”, ce qui pourrait signifier la reprise des tirs de missiles intercontinentaux ou des essais nucléaires.

“Je serais surpris si la Corée du Nord agissait de manière hostile”, a déclaré Donald Trump samedi au moment de quitter la Maison blanche pour la Floride. “(Kim Jong-un) sait que j’ai une élection qui arrive. Je ne pense pas qu’il veuille interférer avec ça mais nous allons voir (…) Je pense qu’il aimerait voir quelque chose se passer. La relation est très bonne mais il y a une certaine hostilité, cela ne fait aucun doute.