La France va accueillir 400 réfugiés bloqués en Grèce

Paris a annoncé jeudi que 400 réfugiés identifiés en Grèce seraient accueillis “dans les prochains mois”. Le pays, qui est redevenu cette année la principale porte d’entrée des migrants en Europe avec 55 000 arrivées, n’arrive pas à faire face seul à ce flux important sur son territoire.

Face à la “pression migratoire” en Grèce, la France a décidé de se montrer solidaire. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé à l’AFP jeudi 12 décembre que Paris avait “proposé de relocaliser 400 réfugiés identifiés vers la France”.

Cette année, la Grèce est redevenue la première porte d’entrée des migrants en Europe, avec plus de 103 000 exilés sur son territoire, selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

55 000 arrivées en Grèce en 2019

Le flux migratoire de la Turquie vers les îles de la mer Égée reste le plus important, avec plus de 55 000 arrivées en 2019.

La “main tendue” de Paris s’explique selon le ministère par “l’augmentation de 60%” du flux migratoire en Grèce provenant de Turquie entre 2018 et 2019, “alors que ces flux baissent ailleurs”. Les arrivées par la frontière terrestre avec la Turquie augmentent : en 2019, plus de 14 000 personnes ont emprunté ce chemin périlleux, selon le HCR.

Cette aide est “inédite depuis 2017” et la fin du programme de “relocalisations” mis en place en 2015, au plus fort de la crise migratoire, pour soulager l’Italie et la Grèce, en première ligne face aux arrivées de migrants, a souligné le ministère français de l’Intérieur.

Entre 2015 et 2017, précise-t-il, 4 322 personnes avaient été relocalisées en France. Sur la même période, environ 30 000 personnes avaient été réparties selon ce programme en Europe.

“La situation dans les hot-spots est très grave”

“On doit se diriger vers une refonte du système d’asile européen. Ainsi l’action d’urgence que l’on fait là de façon ad hoc pour la Grèce pourra devenir une action d’architecte permanente à laquelle tout le monde participe”, insiste une source au ministère de l’Intérieur.

En parallèle de l’accueil de ces 400 réfugiés, l’ambassadeur de France à Athènes, Patrick Maisonnave, a précisé à l’agence de presse grecque ANA que Paris allait “collaborer avec la Grèce et l’agence européenne de contrôle des frontières, Frontex, pour [le] renvoi dans leurs pays d’origine” des personnes n’étant pas éligibles à l’asile.

“On ne va pas laisser la Grèce sans aide face à ce défi humanitaire et face à la Turquie voisine qui a menacé à plusieurs reprises d’ouvrir des portes aux migrants”, a poursuivi Patrick Maisonnave. “Aucun pays ne peut faire face à ces enjeux tout seul.”

“Le système européen de gestion des demandeurs d’asile doit certainement changer. La situation dans les hot-spots est très grave”, a-t-il ajouté.

Plus de 37 000 personnes s’entassent actuellement dans les cinq centres d’accueil des cinq îles de la mer Egée – Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos – pour une capacité théorique de 6 200 places, selon les derniers chiffres du gouvernement grec. Les ONG dénoncent régulièrement les conditions de vie précaires que subissent les migrants bloqués depuis des mois, voire des années, sur ces îles.