Le ministre centrafricain de la Santé sur le Covid-19: «Nous ne copions pas ce que les autres font» – exclusif

Ksénia Lukyanova-Emelyanova . Sputnik France

Le nombre croissant de cas de Covid-19 fait réagir les gouvernements d’Afrique. Le ministre centrafricain de la Santé a évalué la situation sanitaire de son pays dans un entretien exclusif avec Sputnik, tout en réfutant les fausses informations sur le nombre d’infectés et le premier décès dû au coronavirus en RCA.

Comment la République Centrafricaine, l’un des pays les plus pauvres au monde, fait face à la menace du Covid-19? Pierre Somsé, ministre centrafricain de la Santé, confirme à Sputnik que «tous les pays d’Afrique centrale sont touchés, cela s’est passé en espace de presque une semaine». Actuellement, il y a trois cas enregistrés en RCA, tous importés. Il souligne donc qu’il n’y a pas encore «de preuves de la transmission locale de l’épidémie».

©Sputnik . Рамиль Ситдиков

Des fake news sur le premier décès lié au Covid-19

La circulation des rumeurs concernant le Covid-19 fait empirer la situation. Pierre Somsé dresse le bilan actuel:

«On est habitué aux rumeurs, il y a beaucoup de spéculations, notamment la fausse information sur le décès du premiers cas, qui est en fait en bonne santé et qui est en train de guérir en isolement, donc je vous confirme qu’il n’y a pas eu de décès, nous sommes conscients. Quant au nombre de cas, nous en avons trois, ils sont confirmés puisque nous travaillons avec l’Institut Pasteur de Bangui qui fait partie des réseaux de l’Institut Pasteur de France et qui est une institution de renommée internationale qui collabore avec l’OMS. Nous n’avons aucun doute sur la qualité des résultats transmis par l’Institut Pasteur».

Des cas importés

L’Afrique a été touchée en dernier par la pandémie, ce qui a laissé le temps aux autorités de se préparer. Le ministre centrafricain de la Santé souligne que ce temps a joué en la faveur du continent noir.

«Avoir des cas importés est une chose, avoir une épidémie locale en est une autre, comme au Cameroun par exemple. Nous espérons que cela ne va pas progresser en épidémie généralisée comme en Europe». Et d’ajouter que la plupart des pays africains sont en train de mettre en place des mesures rigoureuses.

«Nous ne copions pas»

Depuis deux semaines, ces pays appliquent en effet les uns après les autres des mesures strictes pour limiter la propagation du Covid-19. Pierre Somsé est certain qu’il faut réagir sans céder «ni à la panique ni à des préjugés ni à des spéculations» et mettre en place des actions qui correspondent à la situation sanitaire de chaque pays.

«Nous ne copions pas ce que les autres font de façon systématique. Par exemple, ce n’est pas parce que la fermeture des écoles ou des églises a été prônée dans les autres pays que nous devons la mettre en œuvre systématiquement. Deuxièmement vient la protection de la santé publique et troisièmement nous mettons l’accent sur la solidarité. Seule la coopération entre les pays et entre les peuples mettra fin à cette pandémie.»

L’éducation à tous les niveaux et les changements pour la MINUSCA

Le ministère, avec l’appui du gouvernement, a mis en œuvre «l’intensification de l’éducation à tous les niveaux, la mobilisation des communautés, le renforcement de l’hygiène hospitalière et de la surveillance des hôpitaux, la surveillance de l’aéroport et de différents points d’entrée frontaliers aussi bien terrestres que fluviaux ainsi que la mise en place de l’hygiène publique». La mise en quarantaine systématique des personnes arrivant des pays touchés par l’épidémie est obligatoire aussi bien que la fermeture pour un mois des bars et des boîtes de nuit.

Dans la lignées des actions mises en place par la RCA, la MINUSCA a annoncé avoir suspendu le processus de rotation des contingents.

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