LE MINISTRE DE LA DÉFENSE SOUS SARKOZY CONDAMNE L’INTERVENTION DE LA LA FRANCE EN LIBYE ET… EN CÔTE D’IVOIRE

Les langues se délient dans le camp même des proches de l’ancien chef d’État français  Nicolas Sarkozy. L’ancien ministre la Défense et de l’Intérieur rend responsable la France de Nicolas Sarkozy du désordre en Libye et des conséquences sur l’immigration en Europe.

Sur la chaîne Europe 1, Jean-Pierre Chevènement  a fortement critiqué  l’intervention de la France en Libye en 2011.  Pour celui qui était pourtant à la fois ministre de la Défense et de l’Interieur, c’est un constat rétrospectif flagrant : «Nous avons détruit la Libye».

Interrogé sur la question de l’immigration, il fait un lien avec le désordre au sud de la Méditerranée: «On ne peut pas sortir du problème de l’immigration sans résoudre les problèmes de sécurité et de développement (…) La Libye de Mouammar Kadhafi avait beaucoup de défauts mais elle exerçait un contrôle sur ses frontières»

Maintenant qu’il n’est plus aux affaires, l’ancien ministre critique  le choix de l’opération militaire «sous l’impulsion de monsieur Sarkozy, peut-être de Bernard-Henri Lévy». «Nous avons violé la résolution des Nations unies, qui nous donnait le droit de protéger les populations de Benghazi, on est allé jusqu’au changement de régime.»

En Irak, «il valait mieux une dictature laïque …»
Jean-Pierre Chevènement poursuit sa diatribe contre la politique avec un second exemple: l’Irak. «L’ingérence est à la mode depuis très longtemps», regrette-t-il. «On vient se plaindre du sort des chrétiens, je les connais, je suis allé les voir en 1990, je savais ce qui se jouait», rappelle l’ancien ministre de la Défense qui a démissionné du gouvernement Rocard en 1991 à la suite de l’engagement de l’armée française dans la guerre en Irak.
«On a préféré la guerre à la paix, qui était possible…», déplore t-il . «On pouvait obtenir le retrait de Saddam Hussein du Koweït, et il valait mieux avoir une dictature laïque sur laquelle nous pouvions avoir une magistrature d’influence que de livrer le pays au chaos», analyse l’ancien ministre. «Beau résultat, de la politique d’ingérence», ironise-t-il à la vue de la situation actuelle.

Jean-Pierre Chevènement oublie de citer également  l’intervention française en Côte d’Ivoire  qui a démontré la politique d’ingérence de la France en Afrique, et plus particulièrement dans ses anciennes colonies. Jusque là, Nicolas Sarkozy avait déclaré, à de nombreuses reprises c que Paris ne jouerait pas “un rôle de gendarme en Afrique“. “La France n’a pas vocation à maintenir définitivement des forces armées en Afrique. L’Afrique doit prendre en charge les problèmes de sécurité“, lançait le président français  lors d’un déplacement en Afrique du Sud en février 2008.

Même déclaration deux ans plus tard. En juin 2010, à Nice, lors du sommet Afrique-France, le président français assurait là encore que “les soldats de la France” n’avaient “pas vocation à s’ingérer dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire“.

Mais, faisant fi de ces promesses de neutralité, la force Licorne était  entrée en action, pour attaquer les derniers bastions du pouvoir de Laurent Gbagbo, le capturer et installer Alassane Ouattara

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