Le nouveau virus découvert en Chine est transmissible entre humains, selon les autorités sanitaires

Le nouveau virus pulmonaire qui affecte plus de 200 individus en Chine est transmissible entre humains, ont annoncé lundi les autorités sanitaires, jour où l’épidémie a aussi causé un troisième mort. La situation provoque de l’inquiétude à l’étranger, à quelques jours des grands chassés-croisés du Nouvel an chinois.

Le mystérieux virus pulmonaire qui touche les grandes villes de Chine est tranmissible entre humains, a déclaré lundi 20 janvier un expert gouvernemental en maladies infectieuses.

Zhong Nanshan, un scientifique renommé de la Commission nationale de la santé, qui avait aidé à évaluer l’ampleur de l’épidémie de Sras en 2003, a déclaré à la chaîne de télévision d’État CCTV que cette transmission par contagion interhumaine est “avérée”.

Trois personnes ont succombé à cette maladie pulmonaire, selon un décompte officiel datant de lundi, et au moins 222 personnes ont contracté ce virus. Une grande majorité de malades se trouvent dans la ville de Wuhan, l’épicentre. Mais l’épidémie s’est propagée à d’autres grandes villes, notamment Pékin (cinq patients répertoriés), Shaghaï (un patient) et dans les provinces du Xinjiang et du Guangdong.

Selon les autorités, l’épidémie était jusqu’ici confinée à Wuhan, une agglomération du centre de quelque 11 millions d’habitants où le virus, de la même famille que le Sras, a fait son apparition le mois dernier. Point commun à ces nouveaux cas : toutes les personnes contaminées s’étaient rendues à Wuhan ces dernières semaines.

Son origine semble se trouver dans un marché de la ville spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons, où plusieurs patients contaminés travaillaient. Il a depuis été fermé et des opérations de décontamination ont eu lieu. “On suppose que la source était des animaux vendus dans ce marché et qu’il y a eu passage chez l’homme”, indique le Pr Fontanet.

Plus de 650 morts liées au Sras en 2002-2003

L’épidémie intervient à l’approche des festivités du Nouvel An chinois, la période la plus chargée de l’année dans les transports, durant laquelle des centaines de millions de personnes voyagent en bus, train et avion pour rendre visite à leur famille. Malgré les risques de propagation, les déplacements en Chine ne font pour l’heure l’objet d’aucune restriction.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme, comme un rhume, mais aussi d’autres plus graves comme le Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère).

Hautement contagieux, ce virus avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003. Les symptômes du Sras ressemblent à ceux d’une pneumonie, avec une fièvre élevée et divers problèmes respiratoires. Lors de la pandémie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait vivement critiqué la Chine pour avoir tardé à donner l’alerte et tenté de dissimuler l’ampleur de la maladie.

Inquiétude à l’étranger

L’inquiétude est désormais perceptible à l’étranger, où les mesures de prévention se multiplient, comme aux États-Unis, en Thaïlande ou à Hong Kong.

Ce week-end, des scientifiques d’un centre de recherches de l’Imperial College à Londres, qui conseille des institutions comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont mis en doute les chiffres officiels. Ils estiment que le nombre de contaminations dépassait probablement le millier au 12 janvier.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont fondés sur le nombre de cas détectés jusqu’à présent hors de Chine (deux en Thaïlande et un au Japon) pour en déduire le nombre des personnes vraisemblablement infectées à Wuhan, sur la base des données des vols internationaux au départ de l’aéroport de cette ville.

Avec AFP et Reuters