Libye: la stratégique bataille de Syrte




Fort de ses récentes victoires sur les hommes de Khalifa Haftar, le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, a décidé samedi 6 juin d’attaquer la ville de Syrte, située à 450 km à l’est de la capitale libyenne. Son contrôle lui ouvrirait les portes des terminaux pétroliers contrôlés par Haftar.

Le contrôle de Syrte est un enjeu majeur depuis 2011. C’est la porte d’entrée ouest du croissant pétrolier, situé au centre de la côte libyenne et qui regroupe les principaux terminaux pétroliers. Si les forces du Gouvernement d’union nationale de Tripoli s’emparent de Syrte, elles seront à portée de tanks des premiers sites d’or noir.

Pour l’armée de Haftar, le contrôle de la ville permet de faire peser une menace constante sur la cité ennemie de Misrata, à 250 km à l’ouest, dont sont issus les principaux groupes armés pro-Tripoli.

Syrte est devenue la frontière officieuse depuis 2014 et la scission politique de la Libye. Posséder la ville, c’est donc prendre un ascendant territorial.

La ville est également le fief des Kadadhfa, la tribu de l’ancien dictateur Kadhafi. Leur soutien continue de constituer une force sociale et tribale importante malgré la chute de leur héros.

Enfin, Syrte est un point d’accès au désert libyen. C’est d’ailleurs au sud de Syrte que seraient regroupés les derniers partisans de l’État islamique qui avaient fait main basse sur la ville de 2015 à 2016. Syrte était alors le premier bastion du groupe terroriste en dehors de la zone irako-syrienne.

En visite au Caire, Khalifa Haftar a accepté la proposition de cessez-le-feu à partir de lundi proposé par l’un de ses plus proches soutiens, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.




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