Mali : Bamako joue la carte russe ?

Mali: Bamako choisi la carte russe contre la France

L’influence de la Russie au Mali est de plus en plus grandissante. Bamako trouve en effet un intérêt plus avantageux à se détacher de la France.

Il renoue tout d’abord des liens avec Moscou qui datent de la Guerre froide. De plus, le marché militaire malien est conséquent en raison des troubles qui y règnent. Enfin, les forces armées maliennes (FAMa) sont principalement équipées de matériels soviétiques. Bamako a même effectué une commande supplémentaire de fusils d’assaut de type kalachnikov à la Russie en 2013.

Suite aux événements qui se déroulent au Mali depuis l’arrivée des troupes militaires d’occupation, la situation s’est empirée. Pire encore que des attaques terroristes, la volonté de l’Occident de vouloir à tout prix démembrer le Mali, est arrivée à un point où des assaillants toujours non identifiés s’en sont pris aux différentes ethnies pour ainsi provoquer des conflits interethniques qui n’avaient jamais existé auparavant.

Lorsque le terrorisme est apparu dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest, l’idée endogène était de créer une union pour faire face à cette menace qui est appelée aujourd’hui le groupe du G5 Sahel, dans lequel se trouve la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et bien sûr le Mali. Présentant un danger pour ses intérêts, la France a directement décidé de s’emparer de cette union et de devenir la tête de liste. Ce qui a d’ailleurs permis à Paris d’envoyer plus de contingents militaires surnommés maintenant Barkhane. Mais le plan d’occupation du Mali est de plus en plus voué à l’échec.

Certains hauts gradés de l’armée française l’ont avoué, Comme le général Clément-Bollée, ancien commandant de la force Licorne en Côte d’Ivoire, la force Barkhane est en difficulté et « va droit dans le mur ». Depuis l’opération Serval de 2013, les violences n’ont pas diminué, elles ont même empiré. Ils avouent que l’intervention française rencontre donc une hostilité grandissante. Bien évidemment, le peuple malien n’est pas un peuple qui a tendance à se laisser faire. Vu la dégradation de la situation, ils savent que les responsables sont les troupes d’occupation étrangère, donc une résistance s’est aussi mise en place et surtout une volonté de reprendre le destin du pays en main.

C’est dans ce contexte que l’attractivité russe est grandissante. Partenaire économique ancien, parrain anti-occidental durant la Guerre froide, la Russie apporte un peu d’oxygène à Bamako vis-à-vis des pressions de la France. L’offre russe comprend une formation de l’armée par des spécialistes russes pour accentuer la capacité des FAMA à maintenir la paix sur le territoire.

Même si l’opération Barkhane continue, cela offre une indépendance stratégique à Bamako. La venue de la Russie en Centrafrique a aussi fait échos sur le reste du continent. En effet, Moscou a livré des armes aux forces armées centrafricaines pour qu’elles soient équipées pour ainsi assurer elles-mêmes la sécurité sur leur territoire.

La France a fait de même, en offrant 1.400 fusils d’assaut, saisis tout juste avant sur un bateau au large du Yémen. Ces fusils d’assaut ont bel et bien été livrés à l’armée centrafricaine, mais selon des sources proches du gouvernement, ces fusils n’avaient pas de munition, ni de chargeur. Résultat des courses : ils étaient inutilisables.

D’ailleurs, le Mali a aussi fait les frais de ce genre de transaction.

En 2017, le Mali a acquis des hélicoptères pour l’armée de l’Air afin d’assurer la sécurité sur son territoire. Deux appareils « Puma » que la France avait déployés au Sahel, figuraient parmi le matériel acquis. Mais, depuis plusieurs mois, les deux appareils sont cloués au sol pour officiellement, « question de maintenance », selon le président Ibrahim Boubacar Keïta lui-même. Karim, son fils qui est député à l’Assemblée nationale, s’est officiellement demandé si le Mali n’avait pas été floué lors de l’achat des deux appareils.

Dans un récent tweet, le ministère malien de la Communication va plus loin et laisse clairement entendre que dans cette affaire, il pourrait y avoir des dessous de cartes.

La France n’a pas du tout une bonne image en Afrique. Ce qui ne veut pas dire précisément que la Russie en a une. Mais, si les États africains choisissent de se tourner vers la Russie, c’est parce que leur but est de remettre sur pied leurs armées nationales.

Ce qui ne peut pas être fait en se tournant vers l’Occident car dans le plan néo-colonial, l’armée nationale doit être maintenu au strict minimum et elle doit aussi servir de chair à canon. Depuis l’accord militaire signé entre Bamako et Moscou, les FAMA se reconstituent et avec le soutien et l’aide de la population, elles reprendront la sécurité du pays en mains.

Par RSA Avec Presstv