MAROC : UN INSTITUTEUR APPELLE À «DÉCAPITER» DES JEUNES FILLES EN SHORT

Un instituteur marocain a appelé à décapiter des jeunes bénévoles belges travaillant en short sur un chantier du sud du Maroc, après la diffusion d’un reportage samedi 3 août.

L’homme âgé de 26 ans a été arrêté lundi pour «avoir publié sur Facebook un message haineux» contre ce groupe composé majoritairement de jeunes filles travaillant en plein air dans un village près de Taroudant, a annoncé mardi un communiqué de la Sûreté marocaine (DGSN).
Publié après la diffusion d’un reportage vidéo montrant ces bénévoles, terrasser un chemin en short sous un soleil de plomb, son message appelait à leur décapitation, en écho de l’assassinat de deux touristes scandinaves perpétré en 2018 par des Marocains radicalisés au nom de Daesh, selon des médias locaux. Cet homme qui vivait dans le nord du pays va être poursuivi pour «incitation à des actes terroristes», selon la DGSN.

Les avocats attendent l’arrivée des djihadistes présumés accusés du meurtre de deux femmes scandinaves lors de l’audience finale du procès qui se déroule depuis 11 semaines à Sale, près de la capitale Rabat, le 18 juillet 2019.

«Depuis quand les Européens font-ils des travaux en tenue de baignade ?» s’est pour sa part indigné Ali El Asri, un député du parti islamiste (PJD, à la tête de la coalition gouvernementale) sur sa page Facebook, suscitant des réactions indignées qu’il a qualifiées de «terrorisme laïc».

LE MAROC, PAYS DANGEREUX POUR LES TOURISTES FEMMES
Les bénévoles intervenaient en liaison avec une association locale, comme l’expliquent des participants dans ce reportage. «Les gens sont très gentils et très amicaux, j’adore le Maroc», déclarait notamment Luna, une des jeunes interrogées dans cette vidéo. La plupart des commentaires saluent toutefois le dévouement des ces bénévoles qui «sont venus faire le boulot à la place des responsables locaux».

Le Maroc qui met volontiers en avant son image de pôle régional de stabilité et sa culture de tolérance arrive régulièrement en haut de tableau dans les classements consacrés aux pays dangereux pour les femmes faisant du tourisme seules.