Migrants: la justice italienne autorise l’«Open Arms» à s’approcher de Lampedusa

La politique « port fermés » de Salvini tangue. Depuis 14 jours en mer, dans l’attente de pouvoir débarquer dans un port sûr, après le refus de Malte, le navire humanitaire espagnol Open Arms devrait accoster dans la matinée ce 15 août à Lampedusa, avec 147 migrants à bord, dont 32 mineurs. Ce en vertu d’une décision judiciaire qui suspend un décret du ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, lui interdisant l’accès aux eaux territoriales italiennes.

Le cas du navire Open Arms constitue une double claque pour le ministre de l’Intérieur. D’abord, le tribunal administratif de Rome a accepté le recours déposé le 13 août par l’ONG espagnole contre un décret lui interdisant d’entrer dans les eaux italiennes, signé le 8 août par Salvini, chef de la Ligue et les ministres 5 étoiles des Transports et de la Défense. Le tribunal a reconnu une violation du droit international en matière de secours en mer et une situation d’extrême urgence pour les 147 migrants à bord du navire.
Ensuite, dans le nouveau contexte de crise politique déclenchée par Salvini qui a claqué la porte au nez des 5 étoiles le 9 août, et réclame des élections anticipées, la ministre de la Défense lui a fait un beau pied de nez. Elle a demandé à deux patrouilleurs de la marine militaire d’escorter, jusqu’au port de Lampedusa, le navire humanitaire malmené par la mer très agitée.

Matteo Salvini a réagi en affirmant qu’il refuserait le débarquement des migrants sur le sol italien et qu’il déposerait un recours contre la décision du tribunal administratif, devant le Conseil d’État.