Nigeria. Quatre otages enlevés en juillet exécutés par des djihadistes

L’ONG Action contre la Faim, dont une employée et deux chauffeurs faisaient partie du groupe enlevé en juillet au Nigeria, a annoncé, ce vendredi, que quatre des six otages ont été exécutés par un groupe djihadiste. Action contre la faim demande donc la libération immédiate de sa dernière otage détenue. Parmi les six personnes enlevées en juillet, toutes nigérianes, l’un des otages avait été tué fin septembre.

Le 18 juillet, une employée de l’ONG française, deux chauffeurs et trois membres du personnel du ministère de la Santé avaient étaient enlevés dans l’attaque de leur convoi sur la route entre la capitale de l’État du Borno, Maiduguri, et la ville de Damasak, dans le nord du Nigéria. Un chauffeur avait été tué dans l’embuscade.

Action contre la Faim condamne avec la plus grande fermeté ces quatre assassinats et regrette profondément que ses appels à la libération des otages n’aient pas été entendus, écrit l’ONG.

L’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), affilié au groupe État islamique (EI), avait publié, peu après l’enlèvement, une vidéo de l’employée d’ACF demandant la libération des otages. Les cinq autres prisonniers – des hommes – se tenaient derrière elle.

Une faction de Boko Haram

Iswap, une faction du groupe armé Boko Haram ayant fait scission en 2016, est particulièrement active dans cette région reculée proche du lac Tchad et frontalière avec le Niger, où il mène depuis un an des attaques répétées contre les forces de sécurité nigérianes.

Jeudi encore, quatorze membres des milices civiles anti-djihadistes et un policier ont été tués dans une attaque menée par le groupe dans le nord-est du pays.

Et début décembre, des hommes de l’Iswap ont enlevé quatorze personnes dont deux travailleurs humanitaires.

Ces derniers sont régulièrement pris pour cible par les djihadistes, qui pratiquent les enlèvements contre rançon pour financer leurs opérations ou pour échanger avec le gouvernement nigérian leurs captifs contre des membres de leur groupe faits prisonniers, menaçant de tuer leurs victimes si leurs revendications sont pas satisfaites.

Plus de 35 000 morts et deux millions de déplacés

Le nord-est du Nigéria est en proie à une sanglante insurrection de djihadistes, qui prospèrent dans cette zone reculée à la frontière du Niger et proche du lac Tchad.

Après plus de 35 000 morts et deux millions de déplacés, et plus de 7,1 millions de personnes en besoin d’une aide humanitaire dans le nord-est du pays, selon l’ONU, l’insurrection s’est étendue aux pays voisins.

Le groupe armé responsable de l’enlèvement de travailleurs humanitaires le 18 juillet a assassiné quatre autres otages, écrit ACF, sans préciser l’identité des otages exécutés.