PAUL HITLER BIYA, PIRE QUE COMPAORÉ, EL BÉCHIR, BOUTEFLIKA

La politique est une chose noble. On peut la faire avec une certaine élégance, avec un certain respect pour ses adversaires. Hélas ! au Cameroun, c’est encore une concurrence de sauvagerie, un jeu de massacre dans lequel ceux qui bombent le torse ne sont pas forcément les plus intelligents ou ceux qui proposent le meilleur pour les citoyens, mais bien ceux qui, par la force des choses détiennent les moyens de répression. Et après on s’étonne que beaucoup de jeunes ne s’y intéressent pas.
Voici un extrait de mon livre
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La foule, massée devant le palais de justice à Yaoundé quitte les lieux scandant joyeusement des « Kamto président » et autres « Non au hold-up électoral ». Les manifestants ont pris le soin de ne pas entraver la circulation, encore moins de poser le moindre acte qui pourrait justifier l’assaut des forces de l’ordre mobilisées. Malgré toute cette précaution, quelques militants sont interpelés par la police. Certains sont torturés avant d’être jetés en cellule.

Ces actes d’intimidation et de brutalité sont le quotidien des militants du Mrc depuis la fin de l’élection présidentielle du 7 octobre dont leur leader revendique la victoire. Toutes leurs réunions sont interdites. La police fait irruption même dans les domiciles privés pour empêcher des rencontres ordinaires entre camarades, que ce soit à Douala, à Nkongsamba, à Bafoussam ou à Yaoundé. Le comble du harcèlement c’est lorsque des militants du Mrc sont arrêtés et conduit à la police à plusieurs reprises simplement pour avoir décidé de faire de l’investissement humains en curant les caniveaux bouchés et infects de certains quartiers de Yaoundé ou de Douala. Ce fut le cas le 5 mars 2019 au marché Mokolo à Yaoundé, puis le 24 mars à Ekounou et le 7 avril à Douala.

Ces actes questionnent autant qu’ils intriguent. Comment le pouvoir de Yaoundé peut-il faire preuve d’autant de frilosité à peine six mois après une élection à l’issue de laquelle il a été déclaré largement vainqueur? Dans une démocratie, lorsqu’on remporte une élection avec 71% de voix, c’est en réalité un plébiscite. Avec une majorité aussi confortable, on devrait avoir la certitude d’avoir été choisi par une majorité écrasante de Camerounais. Des appels à manifester d’un second qui a obtenu à peine 15% peuvent dans ce cas être traités avec un certain mépris, voire de l’indifférence. A moins que l’on sache dans son for intérieur que les chiffres ont été un peu forcés, qu’ils sont simplement artificiels et ne traduisent pas la réalité du choix du peuple camerounais.

Des exemples de ce genre de distorsion entre les scores électoraux de certains dirigeants africains et la réaction quelque temps plus tard du peuple sont assez révélateurs. Au Burkina Faso, Blaise Compaoré, 63 ans, dont 27 passés au pouvoir a été chassé par la rue en octobre 2014. Il avait été réélu en 2010 avec un score de 80%. En Algérie, la rue a eu raison du président Abdelaziz Bouteflika début avril. A 82 ans et estropié par la maladie, il se préparait pour un cinquième mandat après avoir remporté le quatrième avec un score de 81,53% de voix. Le Soudanais Omar El Béchir, 75 ans, au pouvoir depuis 30 ans n’a pas eu plus de chance face à son peuple en furie. Il a été chassé du pouvoir en avril 2019. En 2015, il se faisait réélire avec un score soviétique de 94,5% des voix.

Le Cameroun n’est certes pas le Burkina Faso, l’Algérie ou le Soudan, mais l’hostilité du pouvoir confronté à la moindre contradiction, pour les moindres manifestations publiques et l’incarcération d’un opposant arrivé second à l’élection présidentielle seulement trois mois après celle-ci simplement pour avoir organisé une manifestation pour revendiquer une victoire qu’il dit volée est un mauvais signal. Le traitement infligé à Maurice Kamto et ses partisans pourrait à coup sûr doucher le regain d’intérêt des jeunes pour la politique observé pendant l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Une telle brutalité ne peut qu’inspirer la peur et le dégoût pour la politique.

Les Camerounais rêvent de pratiques politiques saines où l’on convainc par les arguments et non par la force. On voudrait empêcher le peuple de s’intéresser à la politique et aux affaires de la cité, les contraindre d’assister en spectateurs passifs à la mal gouvernance, aux violations massives et sauvages des droits de l’homme, aux injustices sociales de toutes sortes, à la misère et au chômage galopants, bref à la destruction progressive et inexorable de leur pays qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Ils sont nombreux qui rêvent de changement après 37 ans d’immobilisme. Mais ils sont transis de peur chaque fois que leur vient l’envie de descendre dans la rue exprimer leur ras-le-bol. Le pouvoir sait se montrer impitoyable dans la répression de toute contestation populaire.

Les acquis démocratiques obtenus au prix de multiples sacrifices depuis le début des années 1990 sont en train d’être perdus, au moment où l’on pensait que le pays consoliderait sa démocratie pour se hisser au rang des modèles en Afrique. On assiste plutôt à un recul, faisant du Cameroun de Paul Biya un modèle « d’évolution régressive de la démocratie », pour reprendre cette jolie formule d’Abel Eyinga.

La paix jadis claironnée par le pouvoir de Yaoundé pour justifier sa perpétuité a volé en éclats. Le Cameroun vit aujourd’hui une crise quasi généralisée. Dans l’Extrême-Nord, malgré le travail remarquable effectué par l’armée, la secte islamiste Boko Haram continue de faire quelques incursions mortelles sur le territoire camerounais. Dans l’Adamaoua, le grand banditisme a fait son lit avec des rapts qui se multiplient, suivis de demandes de rançons. A l’Est, la frontière avec la très instable République centrafricaine fait l’objet d’une grande surveillance de la part de l’armée camerounaise condamnée à garder l’œil ouvert. Dans les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, la tension est vive depuis trois ans. Le bilan humain est désastreux. Selon un rapport de l’Ong International Crisis Group rendu public début mai 2019, on compte 1 850 morts et près de 530 000 déplacés internes. L’économie de ces deux régions est désormais exsangue. La Cameroon Development Cooporation (Cdc) installée dans la région du Sud-Ouest, l’une des plus importantes entreprises au Cameroun, deuxième employeur après l’Etat, est en quasi banqueroute.

Jean Bruno Tagne

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Bonne lecture