Pourquoi les médias arabes & iraniens parlent de 80 morts et 200 blessés, tandis que Trump affirme qu’il n’y a aucune victime ?




Voir ci-dessous le rapport d’Al-Manar sur les pertes américaines.

Il y a plusieurs hypothèses et plusieurs explications possibles à ces divergences inconciliables.

I – Pourquoi Trump dissimulerait-il les pertes américaines ?

Le secret peut être imposé par Washington pour différentes raisons évidentes :

– les Etats-Unis ne veulent pas ajouter à l’embarras, et même à l’humiliation énorme que constituent ces frappes sans précédent depuis la 2e guerre mondiale et quasi immédiates (dès la fin du deuil national de 3 jours décrété par Khamenei) après les menaces explicites de Trump visant à dissuader l’Iran ; même sans victimes, l’Iran a démontré qu’il ne s’agissait que de rodomontades, et que les +70 ans d’immunité américaine ont pris fin : quoi qu’il en soit, c’est indéniablement une victoire spectaculaire pour l’Iran ; les craintes sont telles que la Chambre des Représentants doit voter ce jour une limitation des pouvoirs de Trump pour limiter ses actions face à l’Iran sans approbation du Congrès ;

– un aveu des pertes américaines pousserait les Etats-Unis vers une guerre régionale qu’ils ne peuvent pas gagner (jamais ils n’ont affronté un adversaire aussi sérieux que l’Iran et l’Axe de la Résistance depuis Pearl Harbor), et qui conduirait à une flambée sans précédent des cours du pétrole et à une crise économique mondiale ;

– quelle que soit la nature de la riposte militaire américaine, elle entrainerait des frappes sévères contre l’ensemble des forces US dans la région et contre Israël : l’Iran a clairement affirmé qu’en plus de frapper les bases et le pays du Golfe d’où venaient les représailles, ils frapperaient immanquablement Israël ;

– la réélection de Trump, élu sur la promesse de désengagement militaire au Moyen-Orient, est déjà sérieusement compromise (les Etats-Unis apparaissent plus faibles que jamais, tenus en respect par l’Iran, qui n’est pourtant ni la Russie ni la Chine), serait absolument impossible ;

II – Est-il possible de cacher au monde des pertes importantes ?

– Les mensonges sont une tradition américano-israélienne bien établie. Durant la guerre de 2006, Israël niait systématiquement ses pertes, même des choses aussi énormes que l’attaque contre sa corvette Sa’ar 5, pour les reconnaître plus tard. Rappelons qu’il y a quelques mois à peine, lors de la riposte du Hezbollah qui a détruit un véhicule militaire israélien, Netanyahou a immédiatement affirmé qu’il n’y avait pas même une égratignure côté israélien. Mais quelques jours plus tard, les médias israéliens ont rapporté qu’un soldat était entre la vie et la mort suite à un innocent jeu de jet de pierres. Qui peut croire qu’on puisse sortir indemne après avoir été frappé de deux missiles antichar Kornet, mais être mis dans une situation critique par des jets de pierre ? Il n’est pas possible de dissimuler des pertes importantes indéfiniment, mais il est possible de le faire ponctuellement, puis de les révéler plus tard en les attribuant à d’autres causes (lutte contre Daech, frappes des milices irakiennes, accident quelconque, jets de pierres…).

– Il ne faut pas croire que la censure militaire n’opère qu’en Israël, où tous les médias doivent soumettre leurs articles et reportages à l’armée pour approbation avant publication, et s’exposent à des pénalités sévères en cas de violation. Même aux Etats-Unis, le contrôle de l’information est strict sur certaines questions, comme le montre le silence autour des falsifications de l’OPCW sur les pseudo-attaques chimiques en Syrie. Une loi de 1991 interdit de publier les photos de cercueils américains, au prétexte du bien-être des familles de soldats. En 2009, elle n’a été qu’artificiellement abrogée et reste largement appliquée.

– Les médias arabes et irakiens en particulier rapportent que depuis les frappes iraniennes, l’accès aux bases est interdit aux troupes irakiennes, qu’on empêche d’approcher des sites touchés, alors qu’elles partagent l’enceinte de la base avec les soldats américains. Si les Etats-Unis n’avaient rien à cacher, ils diffuseraient eux-mêmes des images. Mais le fait que rien ne filtre et que la réponse officielle ait tant tardé, sans parler des visages mortifiés de l’état-major de Trump lors de son annonce surprenante au vu de ses déclarations précédentes promettant de raser 52 sites iraniens en cas de riposte, suggèrent sans aucun doute que les conséquences humaines, matérielles et morales de ces frappes sont plus graves que ce que Washington reconnait.

– Quant à la question de savoir comment les Iraniens seraient informés du nombre approximatif de tués et de blessés (les chiffres annoncés sont un minimum), les nombreux mouvements d’hélicoptères observés après les frappes s’expliquent en toute vraisemblance par le transport de blessés. Le type et le nombre d’hélicoptères, recoupé avec d’autres informations obtenues par des moyens techniques et humains qu’on peut aisément supposer, permettaient de donner cette approximation. Rappelons que l’Iran a été capable d’abattre le drone américain le plus moderne, et de publier son parcours à la minute depuis le décollage, ce qui prouve qu’il était suivi à chaque instant. L’Iran excelle dans le renseignement.

III – Et s’il n’y avait pas de victimes ?

– Il serait étrange que 20 ou 30 missiles balistiques chargés d’ogives de 300 à 700 kilogrammes, frappant de plein fouet une base comportant des milliers de soldats, ne fassent pas de victimes. Mais il semble clair que l’Iran n’a pas voulu causer un grand nombre de victimes, car les baraquements des soldats n’ont pas été ciblés, les frappes se concentrant sur des équipements et du matériel, notamment des hélicoptères, des drones et une unité de surveillance ultra-moderne qui a été complètement détruite ;

– Les frappes iraniennes sont somme toute modestes, et n’ont pas été effectuées avec les missiles les plus développés que possède l’Iran ; malgré cela, personne ne nie la grande précision des frappes et leur efficacité, et personne, pas même Trump, ne prétend que le moindre missile ait été intercepté. L’Iran a prévenu l’Irak avant de lancer son attaque, ce qui est à la fois une marque de respect à l’égard de la souveraineté de Bagdad, et un signe d’apaisement, car il est possible que les Américains aient été avertis directement (ou indirectement par les inévitables mesures de sécurité prises par les forces irakiennes), bien que l’Irak ait refusé de répondre à toutes les sollicitations américaines avant, pendant et après les frappes, coupant le canal des communications officielles et militaires. Il est de toute façon établi que l’Iran est sérieux, capable et ne bluffe pas, contrairement au locataire de la Maison Blanche qui est complètement discrédité, pour autant qu’il ait jamais eu la moindre crédibilité ;

– Le but de l’Iran est de faire en sorte que les soldats américains quittent le Moyen-Orient avec le moins de frais possibles, et que les coûts matériels et humains de l’occupation deviennent intenables en évitant autant que possible une conflagration totale. La fille du Général Soleimani a promis aux familles des soldats américains qu’elles vivraient dans l’angoisse permanente et porteraient bientôt le deuil de leurs proches, et il est bon que la pression psychologique pour rappeler les troupes américaines au Moyen-Orient commence le plus tôt possible. Toutes les bases & forces américaines seront en état d’alerte permanente, et les mouvements de troupes et opérations seront limités. Deux bases ont déjà été évacués en Syrie. La guerre d’usure a commencé, et c’est clairement l’Iran qui a la main haute, en position offensive ;

– L’Iran a promis que ce n’était qu’un début, une « gifle » préliminaire et symbolique, et que d’autres opérations de représailles autrement plus sérieuses suivraient celle-ci : ces frappes modestes ont l’avantage de dévoiler le bluff de Trump et de révéler les capacités de l’Iran, tout en laissant une marge de manœuvre considérable pour l’escalade. Quoi qu’il en soit, l’évacuation d’Irak et de Syrie est déjà ouvertement envisagée, et l’Iran et ses alliés poursuivront leurs actions jusqu’au départ du dernier soldat américain de la région. Comme l’ont promis le commandement iranien et Nasrallah, les cercueils de soldats américains ne vont pas tarder à affluer.

Sans aucun doute, les jours à venir révèleront plus de détails sur ces frappes et les intentions de l’Iran et de l’Axe de la Résistance pour la suite.

Le Cri des Peuples

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Plus de 80 terroristes américains ont été tués et plus de 200 blessés dans des frappes iraniennes contre les forces américaines en Irak

Source : Al-Manar, média du Hezbollah, reprenant les informations de l’agence iranienne Fars

Traduction : lecridespeuples.fr

Une source informée des Gardiens de la Révolution a annoncé, dans une déclaration spéciale à l’agence de presse Fars, l’étendue des lourdes pertes subies par la base américaine d’Al-Asad en Irak à la suite des frappes iraniennes.

La source a indiqué, selon des informations précises reçues de sources dans la zone, que 80 terroristes américains ont été tués et environ 200 blessés jusqu’à présent, les blessés ayant été évacués directement de cette base par des hélicoptères.

Il a ajouté que la base d’Ain Al-Assad est l’une des bases stratégiques des Etats-Unis, soutenue par des escadrons de drones.

La source a souligné que 15 missiles ont touché 20 cibles sensibles dans cette base et qu’un nombre remarquable d’hélicoptères et de drones a été détruit.

La source a ajouté que malgré la situation d’alerte des forces américaines, les forces au sol n’ont pu prendre aucune action défensive ou de riposte.

La source a souligné que l’Iran surveille 104 cibles américaines sensibles dans la région et qu’en cas d’agression américaine, elles seront détruites.

Les relations publiques des Gardiens de la Révolution Islamique en Iran ont annoncé mercredi à l’aube l’attaque destructrice de la base américaine d’Al-Assad dans la province d’Anbar en Irak, avec des dizaines de missiles balistiques. Selon le communiqué, des dizaines de missiles sol-sol ont frappé la base américaine à l’aube.

Le commandant des forces Quds des Gardiens de la Révolution, le Major-Général Qassem Soleimani, a trouvé le martyre avec le chef adjoint des Forces de mobilisation populaire en Irak, Abu Mahdi Al-Muhandis, et leurs compagnons, lors d’une attaque aérienne américaine vendredi 3 janvier après leur départ de l’aéroport de Bagdad, sur ordre du Président américain Trump.

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