Présidentielle américaine : Joe Biden prend un avantage décisif dans une course démocrate menacée par le coronavirus

Philippe Escande

lemonde.fr

L’ancien vice-président a gagné en Floride, dans l’Illinois et dans l’Arizona face au sénateur du Vermont, Bernie Sanders. Les électeurs le jugent plus apte à gérer une crise

Par Gilles Paris

Le débat télévisé entre Joe Biden et Bernie Sanders,  dans un bar vide, en pleine épidémie de Covid-19, à Los Angeles, le 15 mars.
Le débat télévisé entre Joe Biden et Bernie Sanders,  dans un bar vide, en pleine épidémie de Covid-19, à Los Angeles, le 15 mars. MARIO TAMA / AFP

Joe Biden a creusé une avance sans doute irrémédiable dans la course à l’investiture présidentielle démocrate, mardi 17 mars, en ajoutant trois Etats à sa déjà longue liste de victoires. L’ancien vice-président a écrasé son rival Bernie Sanders en Floride et dans l’Illinois, deux Etats riches en délégués, avec respectivement 61,9 % et 59,1 % des voix. Il l’a également dominé dans l’Arizona (43,5 %, contre 31,3 % pour son adversaire), le troisième et dernier à se prononcer.

La primaire prévue le même jour dans l’Ohio avait été reportée par les autorités sanitaires de l’Etat quelques heures seulement avant l’ouverture des bureaux de vote, par crainte de la menace que le coronavirus fait désormais peser sur les Etats-Unis.

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Après des débuts catastrophiques dans l’Iowa et le New Hampshire, dont Bernie Sanders avait tiré profit, Joe Biden a pris un ascendant que rien ne semble en mesure de contrarier. A tort ou à raison, l’ancien vice-président apparaît comme le candidat capable de remplir la principale mission que les électeurs démocrates attendent de ce dernier : battre Donald Trump en novembre.

Resté silencieux mardi soir pour la seconde soirée électorale consécutive, Bernie Sanders savait à l’avance qu’elle serait compliquée pour lui dans trois Etats qu’il n’avait pas été en mesure de remporter en 2016, lors de sa première candidature à l’investiture présidentielle.

Sanders le dos au mur

Non seulement il n’a pas créé la surprise, mais il a été en recul à la fois en Floride et dans l’Illinois. Offensif lors du débat qui l’avait opposé à l’ancien vice-président, le 15 mars, le sénateur indépendant du Vermont avait espéré que son rival, souvent emprunté, rate ce rendez-vous. Sans être particulièrement flamboyant, Joe Biden avait cependant passé l’obstacle sans encombre.

Le sénateur se retrouve désormais le dos au mur. Incapable jusqu’à présent d’obtenir plus de 40 % des délégués qui se prononceront théoriquement en juillet, lors de la Convention nationale de Milwaukee (Wisconsin), il doit capter désormais plus de 58 % des restants pour continuer d’espérer. Cet objectif paraît d’autant plus hors de portée que la majorité des Etats qui s’étaient prononcés en sa faveur en 2016 ont déjà voté : il n’a plus guère de réserves.

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Le tour dramatique pris par l’épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis pèse également sur Bernie Sanders. Le sénateur du Vermont a centré sa campagne sur la nécessité d’une « révolution politique », très ambitieuse. L’ancien vice-président met en avant, au contraire, son expérience dans la gestion de crises sanitaires comparables et répète que les électeurs « veulent des résultats », un message plus adapté à une situation d’urgence.

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