Présidentielle en Algérie: un scrutin au déroulement incertain




La mobilisation a augmenté tout au long de la semaine contre l’élection présidentielle. En parallèle, les autorités n’ont cessé de répéter que le scrutin était la solution. L’élection aura bien lieu. Les bureaux de vote ouvrent à 8h ce jeudi matin 12 décembre. Et la question que tout le monde se pose est : comment va se passer cette journée ?
Certains maires, comme dans la région de Tizi Ozou en Kabylie par exemple, ont affirmé qu’ils ne mettraient pas à la disposition de l’État les moyens pour organiser le scrutin. Malgré cette opposition, les autorités algériennes de la transition se montrent déterminées à organiser le vote.

Vingt-quatre millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales et 500 000 personnes sont chargées d’encadrer le scrutin dans plus de 60 000 bureaux de vote à travers tout le territoire, a annoncé l’autorité d’organisation des élections. Depuis plusieurs jours, dans les médias officiels, les autorités appellent à une « participation massive ».

Elles ont même déjà annoncé un premier chiffre de participation, celui des Algériens à l’étranger. Les autorités et les médias publics sont catégoriques : « tout se passe de manière régulière et dans de bonnes conditions ». L’autorité d’organisation des élections certifie que le taux de participation de la communauté à l’étranger était déjà de 20% mardi à 13h. Ce qui signifierait que 182 000 personnes environ, dont la plupart sont inscrites sur les listes électorales consulaires en France, ce sont rendues dans les bureaux de vote.

Mais l’ouverture des bureaux de vote à l’étranger a donné lieu à des altercations dès samedi. Alors que la tension montait, des personnalités ont lancé un appel à l’apaisement, demandant aux manifestants de ne pas empêcher ceux qui le souhaitaient de voter. Et depuis lundi, les manifestations contre l’élection sont quotidiennes dans la capitale et dans d’autres grandes villes du pays. Ce mercredi, la mobilisation a été particulièrement importante et dans la capitale, les manifestants ont protesté jusque dans la nuit.

Face à cela, les autorités multiplient les discours. Le chef d’état-major, les responsables de l’autorité d’organisation des élections, le président par intérim, tous appellent à voter, invoquant tour à tour, la nécessité de sauver la nation, le patriotisme, la crainte de la violence. Mercredi matin sur la radio nationale, un représentant de l’autorité d’organisation des élections disait que voter était « un acte citoyen pour sauver la nation pour une situation de violence qui pourrait aller crescendo ». Or depuis le 22 février, ce qui caractérise ce mouvement de protestation algérien, est bien son pacifisme.

Mais certaines déclarations ont été plus virulentes comme celle du ministre de l’Intérieur qui a traité les manifestants de « traitres, pervers et homosexuels ». Ce jeudi, la tension pourrait monter d’un cran. Et la question se pose du déroulement du vote et de savoir si les opposants au scrutin vont tenter d’empêcher ceux qui le souhaitent de voter.