Sanctions antirusses: «Paris et Berlin adoptent les décisions qu’ils veulent»

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«Depuis 2014 nous perdons annuellement environ trois milliards de dollars à titre de punition», a affirmé une association d’avocats italiens qui s’est prononcée contre la prolongation et l’extension des sanctions antirusses en dénonçant des «grosses pertes» pour l’Italie.

L’association des avocats italiens Camere Penali del Diritto Europeo e Internazionale (Chambres pénales de droit européen et international) estime que le maintien des sanctions antirusses est un mauvais choix qui fait perdre à l’Italie quelque trois milliards de dollars chaque année (environ 2,8 milliards d’euros), a annoncé à Sputnik son directeur, Alexandro Maria Tirelli.

«Notre position est contraire aux sanctions, à leur durcissement et à l’aggravation des relations politiques et commerciales avec la Russie: dans ce climat, l’Italie subira les plus grosses pertes», a signalé l’avocat.

Il a fait savoir que les sanctions contre la Russie n’étaient pas un bon choix et qu’elles impactaient fortement l’Italie.

«Les sanctions contre la Russie sont une mauvaise option et depuis 2014 nous perdons annuellement environ trois milliards de dollars à titre de punition. Les entreprises italiennes, depuis l’agroalimentaire jusqu’à la haute couture, sont les plus touchées. Le scénario va s’aggraver compte tenu des mesures de rétorsion», a poursuivi l’avocat.

© AFP 2020 CHRISTOF STACHE

Il a insisté sur la nécessité d’une autonomie vis-à-vis de l’UE eu égard à la politique internationale et à la possibilité de choisir ses partenaires commerciaux.

Une arme à double tranchant

«Paris et Berlin adoptent les décisions qu’ils veulent. Si l’Italie l’avait fait, elle aurait été punie», affirme-t-il.

Les avocats italiens sont convaincus que sur le plan économique et géopolitique l’Europe «ne gagnera rien si la Russie reste un adversaire».

«En ce sens, les sanctions sont une arme à double tranchant qui frappe ceux qui les ont introduites et ceux contre qui elles ont été introduites. Elles dressent de nouvelles barrières, lesquelles, bien qu’elles ne soient qu’économiques, menacent d’inverser l’Histoire. C’est une perspective dans laquelle une Europe faible et surtout l’Italie seront des perdants», a conclu M.Tirelli.

Sanctions antirusses

Les relations entre la Russie et les pays occidentaux se sont détériorées en lien avec la situation en Ukraine et la réunification de la Crimée avec la Russie suite au référendum sur la péninsule.

Le 12 décembre 2019, les dirigeants de l’Union européenne ont prolongé de six mois les sanctions économiques décidées contre la Russie en 2014. Celles-ci visent depuis cinq ans les secteurs du pétrole, de la défense et des banques. Elles avaient été prolongées de six mois en juin dernier.

La décision a été prise au cours d’un sommet européen à Bruxelles, quelques jours après une réunion à Paris sur la restauration de la paix en Ukraine entre les dirigeants français, allemand, russe et ukrainien.

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